Du black metal épique, tranchant malgré la rouille, désabusé, l'affrontement et la défaite, un chant d'écorché vif qui varie entre hurlement désespéré à te foutre la chair de poule (j'ai pensé à Lure, fort) et intonations plus classiques.
L'amertume omniprésente, des morceaux non linéaires, de vraies fresques émouvantes, à la gloire de l'absurdité de l'Homme, sans cesse démontrée, encore, et encore. La récurrence infernale en somme.
Chaotique, confus par instants, à l'image de l'intro de Vergif en venijn et ses sonorités inhabituelles, parfaitement cacophoniques, avant que la tempête emporte tout, ce son cradingue qui arrache.
Même pas référencé sur MA à l'heure où j'écris ces lignes, le duo Batave à l’œuvre ici offre un des meilleurs débuts en matière de bm que j'ai pu entendre cette année.
mercredi 7 décembre 2022
MALIËNKOLDER - Maliënkolder
jeudi 10 novembre 2022
BLACK DOOR - And the Spirit of Old Whispered Words of Amduat
Un black metal ritualiste/atmosphérique, au son volontairement étouffé, opaque.
Qui prend son temps pour installer ses ambiances et t'y faire plonger. La pochette aurait pu préfigurer des sonorités orientales, mais ce n'est pas tout à fait le cas. S'il y a quelques accointances pagan dans certains riffs, c'est entre Soleil Couchant et Levant. Un entre-deux forcément quelque peu énigmatique.
Oh, cette basse, ronde, séduisante, sur The opening of the Mouth (a Spell) ! L'envoûtement devient de plus en plus puissant, une main invisible a resserré son emprise, les incantations, psalmodies et autres plaintes, n'y sont probablement pas pour rien.
Ici, un interlude acoustique, léger, la mélancolie... et puis le venin. Et là, des dissonances flottantes qui semblent t'emmurer vivant. La curiosité de sentiments contradictoires, comme un sous-terrain à ciel ouvert ? Ceci n'a aucun sens, et pourtant...
mardi 2 août 2022
DHURON - MDCCCLXIV
Oh tiens, encore du raw black ?
Eh ça va, c'est pas comme si je t'avais noyé sous les parutions du genre, ces dernières semaines.
Sortie assez confidentielle, cette demo devrait pourtant plaire aux amateurs du genre... mais faut lui laisser le temps de faire son œuvre. Car elle a l'air de rien comme ça: reprenant, apparemment, des chemins maintes fois arpentés... Tu vois ces instants où, te baladant, et alors que ton esprit vagabonde de pensée en pensée, tu finis par te demander, comme sortant d'un rêve éveillé, comment tes pieds t'ont mené là où tu te trouves ? Ici ça me fait la même à chaque fois.
Les riffs, le chant, la prod, tout semble si familier, alors, une fois que les dernières notes se meurent, par quel maléfice se retrouve-t-on perdu, hagard et déboussolé, alors que rien ne pouvait le laisser présager ? On est à deux doigts de l'enlèvement par des êtres venus d'ailleurs !
En toute sincérité, le mystère demeure. Mais, fondamentalement, qu'importe les explications, l'essentiel est que le véhicule émotionnel fonctionne, et pas qu'un peu !
vendredi 15 avril 2022
LAMENT - Demo
Il ne faudra plus rien attendre de ce groupe de raw black/punk/post-punk. Il n'est plus.
Une demo bien bath, et puis ils mettent les voiles. Même pas un petit gig, rien.
Pourtant je voyais ça d'ici, moi.
Avec leurs riffs qui sentent le renfermé, coincés depuis trente piges dans la cave d'un bar goth-metal (pire que feu la Tragedia, à Montpel' - pour les connaisseurs), bien macérés dans un jus nécro-déglingo-punk; leur chanteur bipolaire qui hésite probablement entre le suicide à la petite cuillère et l'espoir d'un Reinhard Heydrich nouveau pour sauver la patrie du communisme (ou est-ce l'inverse ?).
L'ambiance singulière, et selon vos goûts séduisante ou inversement, repoussante: ça sent un peu comme dans les pissotières moldaves* (pire que les chiottes à la turque)(non, en vrai j'en sais rien, mais ça sonne bien).
5h34 du matin: réveil dans un bar sordide de Prague, atmosphère rance, enfumée, la sono crachote un mélange indicible de heavy metal et de pop albanaise. En slip, couvert de gerbe et de sang. Là, le gros Janek, la peau huileuse et poilue, de la poudre blanche plein sa moustache, demande si tu aimes la confiture avec tes croissants.
"Voyagez, voyagez !" qu'y disaient !
*L'auteur nie formellement avoir déjà mis ne serait-ce qu'un orteil dans les dits établissements. En revanche il connait très bien les chiottes de restaurants-à-mariachis-pour-touristes au Mexique, mais c'est une autre histoire.
** L'auteur ne demandera pas pardon pour l'amoncellement de viles caricatures céans.
*** Allez écouter, je vous dit ! c'est vachement bien.
mercredi 6 avril 2022
BLUTUMHANG - Moonchants to Eternus
Elle m'a quelque peu surpris, cette sortie du nouveau Blutumhang.
J'en parle comme d'un vieux taulier de la scène, mais il faut intégrer à quel point la première sortie m'a scotché, et sur la durée encore. Et si le gars Bergheim, ne semble pas occupé ailleurs, ce n'est pas le cas de son compère là, Granheim, AKA The Astral Serpent, qui commence à faire sérieusement partie du paysage avec ses nombreux projets.
Et donc surpris - oui j'insiste - et à plusieurs titres. D'abord parce que je n'attendais pas de suite aussi rapide à l'exceptionnel The Fires of Domination. Ensuite surpris par le contenu, en tout cas la bonne grosse première moitié. C'est un Blutumhang que je n'hésite pas à qualifier de plus accessible. Plus mélodique, et plus classique, sans l'ombre d'un doute. En outre, exit les longues plages noise/ritual, qui pourtant, et une fois n'est pas coutume, ne servaient pas à rien, et surtout pas à faire du remplissage. Alors on retrouve tout de même une outro à Throne of Eternus et également pour clôturer l'album (cette utilisation de cuivre me fait forcément penser à Kommodus), mais à titre personnel, je regrette un peu ce choix.
Pour le reste, il faut bien avouer que Blutumhang offre à nouveau de superbes morceaux d'un black metal impérial, suintant l'amertume, incarnation d'une déchéance indéniable. Les riffs qui tourbillonnent et font glisser au fond de l'abime. Les vocaux toujours aussi saisissants, décharnés et hallucinés... oui, la chair de poule !
Pour l'heure, je garde une préférence pour la deuxième moitié de l'album... Never to Return et Moonchant Redeemer, plus proches des compos présentent sur Fires... me glacent le sang instantanément, inévitablement.
Reste une certitude, en dépit de mes inclinations personnelles: c'est du grand Blutumhang.
vendredi 25 février 2022
WITCH'SCASTLE - Grim Rituals of Slavonic Witchcraft
Voici une sympathique demo sortie en décembre dernier.
Un black metal brumeux et glacial, pas chiche en ambiances malignes et éthérées, si bien que la dernière piste me renvoie invariablement, toute proportion gardée, au fabuleux Ebony Tower de Mare, excusez du peu. Certes, je n'y vais pas avec le dos de la cuillère, et je suis évidemment conscient qu'il est délicat de comparer un unique morceau à tout un album, surtout de ce calibre. Mais tout de même.
Faut lui laisser le temps de s'installer, de faire son chemin. À ce titre, les trois premiers morceaux, assez chouettes au demeurant, mais pouvant néanmoins laisser un sentiment de redondance, me font surtout l'effet d'une mise en condition de l'auditeur pour la petite merveille de plus de sept minutes qui clôt l'affaire, et qui m'invite à penser que Witch'sCastle possède peut-être un potentiel de progression non négligeable.
L'avenir se chargera de dire si je me suis foutu le doigt dans l’œil, mais en attendant la suite, et quoiqu'il en soit: Slava Ukraini !
mercredi 15 septembre 2021
SPIRAL STAIRCASE - Cellar Dream
Spiral Staircase est un autre groupe-homme-seul, un autre projet de raw bm, un autre EP de haine blafarde, de l'Homme, pour l'Homme.
Trente six albums, trente sept misères, penseront certains.
En effet, on ne les compte plus, ces myriades de formations qui, depuis quelques années, se sont engouffrées dans le genre.
Et si, pour beaucoup trop d'entre elles, le résultat ne va pas au delà de bruit blanc et machine à laver en fin de vie sur cycle essorage, certaines parviennent occasionnellement à éviter cet écueil.
La frontière peut-être ténue, et évidemment sujette aux fluctuations des sempiternels goûts et couleurs de tout un chacun.
Ici, il y a, pour votre humble serviteur, de quoi relever le nez, et surtout l'oreille. Voire même les deux.
Une haine, donc... mais pas que. Un Souffle, épique, et qui mérite donc sa majuscule. Une volonté qui semble inaltérable, régie par des riffs mélodiques, néo-romantiques au possible.
Le dégueulis de nos humeurs, sublimé.
mercredi 8 septembre 2021
UPAMSU - Upamsu
La scène indonésienne en matière de raw bm commence à se faire une sérieuse réputation.
Nansarunai, Old Ornament, Lux Noctis, Obscure Skuadron, pour n'en citer que quelques uns, et maintenant Upamsu.
Les trois titres de ce EP ne s'éloignent pas franchement des canons du genre... mais il y a ici une ferveur, un souffle désespéré, mais rageur, que transmettent, et la musique, et ce chant clair, emphatique, de possédé.
Riffs poignants autant que furieux, très légers relents new-wave par ci, et occasionnellement petit parfum oriental lointain par là... une ambiance, funeste et désabusée, à laquelle il vous sera difficile de vous soustraire si, comme moi, vous n'êtes pas encore lassés de cette scène globale du raw bm, qui semble capable du meilleur comme du pire.
Ici, pas de doute en ce qui me concerne: on a le meilleur.
En espérant en entendre plus prochainement.
lundi 19 juillet 2021
七生報國 - デモ 一
七生報國 (débrouillez-vous comme vous voulez pour savoir comment ça se prononce, et ce que ça veut dire, moi je suis nul en langues asiatiques) nous viennent du Japon (non, sans déc' ?). J'écris au pluriel, mais comme on ne sait rien de bien précis sur ce projet, ça pourrait tout autant être un groupe-homme-seul. J'en suis d'ailleurs assez convaincu, mais bon cela n'est, au fond, pas très intéressant.
Ce qui l'est, en revanche, c'est cette demo.
Amateurs de raw black barré, riche en riffs divers et variés, avec de forts relents de heavy dans certains, et souvent un côté extrêmement poignant, mais aussi fichtrement épique: cette demo est pour vous.
On pourrait parler d'épopée sonore, version brut de décoffrage... qui offre tout de même une variété dans les sentiments évoqués. Jusque des passages très méditatifs, laissant toute latitude à l'esprit pour vagabonder ailleurs.
Certains auront du mal avec la partie rythmique, c'est une évidence.
Outre un son de caisse claire vraiment cheap qui en laissera plus d'un sur le carreau, il vous faudra aussi passer outre un jeu... hmm... approximatif, c'est le moins que l'on puisse dire.
Le pauvre bougre derrière son mini-kit (qui, à vue de pif, doit se composer uniquement d'une grosse caisse/caisse claire/charley) semble vraiment en chier des ronds de chapeau.
Donc non, c'est pas chiadé, c'est pas carré... et pourtant, vous savez quoi ? Pour moi, ça fait partie intégrante du truc, et l'essentiel est là... le véhicule émotionnel du voyage intérieur.
Je suis même intimement persuadé que ça fonctionnerait moins bien -pour ne pas dire pas du tout-, si à l'inverse, le truc respectait une rigueur exemplaire.
mardi 4 mai 2021
PYRE OF BLACK ROSES - Demo I
Pyre of Black Roses est apparemment un duo composé par les membres uniques et respectifs de Celestial Sword et Coniferous Myst.
L'artwork ne trompe pas, il s'agit de raw black.
Du genre particulièrement envoutant, ensorcelant. Parfaitement dans son jus; noyé de claviers, donc.
Jusque là, rien de paranormal, cette demo respecte les canons fondamentaux de ce genre de bm.
La différence, comme d'habitude, se fait au réel talent de composition. À la qualité de ces riffs, majesté et déchéance, et des ambiances énigmatiques induites par les claviers précités, qui semblent aller et venir, nous englober, puis nous passer au travers. Au dehors, au dedans.
Et il y a l'impalpable, que certains appellent supplément d'âme. Ce qui relève presque d'une "apparition". Hypnotique, et d'une beauté terrible.
Une des demos de cette année, sûr.
mardi 23 février 2021
SOMME - Somme
La bataille de la Somme, 1er juillet - 18 novembre 1916.
Plus d'un million de victimes en comptant blessés, disparus, morts... Un des plus grands abattoirs à ciel ouvert du vingtième siècle.
Un holocauste pour rien, ou pas grand chose... quelques kilomètres grignotés. Rappelons que le but stratégique de cette offensive était de percer le front allemand, et qu'à cet égard, ce fut un échec total.
Pas de vainqueurs, que des vaincus.
À l'instar d'un 50 contre 1 de Sa Meute, bien que musicalement divergent, c'est bien la défaite, le propos de Somme. Une entité derrière laquelle se cache le fameux duo déjà à l’œuvre avec Fallen Forest.
Passé la piste d'intro qui plonge dans le fracas des pilonnages d'artillerie, chaos rampant de l'absurde, c'est une offrande de black metal brut, désabusé, mais superbe... 'pas la gloriole de l'idiot qui s'imagine, chibre empoigné, dressé vers les cieux, que la victoire est au bout du massacre... non... mais la détermination irrévocable de ceux qui ont déjà tout perdu, à commencer par l'espoir, et qui n'attendent que la délivrance ultime. Mais pas à genoux. Non. Debout, une dernière fois.
La victoire est un leurre, et ces finlandais l'ont bien compris.
vendredi 19 février 2021
NANSARUNAI - Ultimul Rege
Parmi les sorties de ce début d'année, ce longue durée m'a fait bonne impression.
L'individu derrière Nansarunai -puisqu'il s'agit vraisemblablement d'un "one man band"- nous vient d'Indonésie, pratique un black metal tendance lo-fi, à la fois décharné et majestueux.
Si le timbre de la guitare est chevrotant, hésitant, on ne peut à aucun moment douter de la malignité de ces mélodies, nébuleuses, ensorcelantes, qui insidieusement distillent leur poison, tout en confinant au sublime, comme sur Old Panegeryc Poem, Fallen Dynasty, ou Honorable Death.
Un dépouillement de la forme, mais pas du fond.
Pour autant, ce premier effort ne me semble pas exempt de défauts. Clairement, quelques riffs sont moins réussis, quelques longueurs sont à déplorer... peut-être aurait-il été préférable de se lancer avec un format plus ramassé.
Mais ces petites erreurs, je les pardonne volontiers. Rare sont les premières œuvres exemptes de défauts, et il serait regrettable de passer à côté de ce que ce projet et cet album ont à offrir si ce genre de black metal volontairement mal produit ne vous fait pas instinctivement fuir.
dimanche 17 janvier 2021
GROLE - Grole
Une fois qu'on a fait le tour des remarques hilarantes que peut susciter le patronyme choisi pour ce projet, force est de constater que c'est bien là la seule chose qui peut prêter à rire.
Parce que musicalement, cette demo de black metal déconne zéro.
Raw, sans pour autant tomber dans la bouillie infâme, elle suinte la haine de son prochain par tous ses pores. On pense à ce que pouvait proposer les Norvégiens au milieu des années 90, peut-être plus particulièrement le Gorgoroth de ces eaux-là, même si on pourra y entendre également la marque de Darkthrone, entre autres.
Alors, des projets qui se contentent de réciter leurs gammes du petit beumeu illustré, c'est pas ce qu'il manque.
Mais, là, il y a plus. Beaucoup plus.
Il y a l'impalpable et l'essentiel, bien présent, omniprésent même.
Cette haine absolue citée plus haut, c'est bien elle qui enfonce le clou.












