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jeudi 15 décembre 2022

CORRODE - Demo 2021



Corrode, c'est du thrash/black retors, absolument pas basé sur la vitesse, même si ces Teutons savent accélérer si besoin. Le groupe apprécie majoritairement les mid-tempos, et use de dissonances mesurées -comprendre que cela n'est pas indigeste, pour moi en tout cas- qui me font penser de loin à Voïvod.
Un sens affirmé de la menace, le truc qui rôde autour, ne te lâche pas du regard, cherchant l'ouverture, l'instant de faiblesse, et toi, mijotant dans ton jus d'angoisse et d'insécurité... en particulier sur Vultures, qui porte donc bien son nom.
Rempli de détails réjouissants, comme le batteur qui s'éclate à jouer sur les temps forts/faibles pour mieux te retourner, ou ses zests de rototoms, comme sur l'entrée de Angstridden ('tain, ces mecs visent juste).
Classique sous certains aspects, plutôt inattendus à d'autres égards, variant intelligemment les tempos, les riffs virulents, et en supplément: un chant mordant, rageur et maladif. 'Faudrait pas trop les perdre de vue ceux-là.


jeudi 1 décembre 2022

OVERPOWER - Overpower 2022



Inutile de jouer les ingénus, les Britanniques qui forment le groupe Overpower n'ont pas été insensibles à la tornade Power Trip.
Ils se sont engouffrés dans son sillage, comme de nombreuses autres formations dans le monde entier. Et certes, cela s'entend. Que ce soit dans la virulence des attaques, ou certaines intonations du chant qui ne laissent que peu de doute.
Maintenant, est-ce qu'il s'agit d'un copycat sans âme, sans le moindre autre intérêt que de singer un groupe qui est d'ores et déjà devenu culte (même si ces gars n'avaient strictement rien inventé de neuf, soyons honnêtes) ?  Arf, tu te doutes bien que si je choisis d'en parler ici, c'est que mon sentiment est clair.
Il y a beaucoup plus que de l’opportunisme ici.  Le truc est sincère, et propose une approche assez variée, flirtant parfois avec le death ou le heavy, que cela soit dans les rythmiques, les guitares, ou le chant. Il y a un véritable intelligence dans ces compositions qui offrent variations, subtilités discrètes, mais néanmoins bien présentes, et qui font de cet EP une chouette réussite, et un vrai plaisir à écouter. Je me garderai bien de prophétiser quoi que ce soit en ce qui concerne leur avenir, mais je suis tout de même curieux d'entendre la suite, et tu devrais l'être également.

vendredi 22 avril 2022

RAVAGE REALM - Realm Of The Unknown



La demo/promo Burning Ambitions m'avait déjà légèrement titillé, bien que les influences étaient un peu trop criantes.
On ne peut pas dire que ce ne soit plus le cas ici, d'autant qu'on retrouve les quatre titres du promo. Appelons ça des clins d’œils appuyés pour rester sobre. En revanche, l'efficacité, elle, a été revue sérieusement à la hausse.
Ce thrash(/death) doit donc beaucoup tout aux vieux Slayer (évident sur plusieurs titres (tous ?)), Sepultura (sérieux, l'intro de State of Mind, ce larcin), Devastation, et plus globalement la vieille scène thrash US.
Des passages aux grooves irrésistibles à faire se déhancher un tétraplégique, à la virulence du chant et des riffs qui tranchent dans le vif, en passant par l'agressivité mordante et sans concession sur les vingt cinq minutes de ce EP... ben quoi ?  'faudrait quand même pas bouder son plaisir !

lundi 21 mars 2022

GRAVEATER - .​.​. of Harrowing Remains



Le début de cette demo offerte par ce combo estonien part directement de traviole, et peut donner l'impression d'être un joyeux bordel, voire carrément quelconque. Mais bien avant la fin du premier morceau, l'oreille se dresse pour de bon, les neurones traduiront le message: "on en veut encore plus !".
Ce thrash déglingué et retors, mâtiné de punk et de death, additionné de relents bm et speed, c'est un régal pour mes cellules grises, certes, un peu ravagées, je le concède.
Comment résister à l'écoute de ces morceaux carrément incendiaires (la fin de Exekration, rien que d'y repenser, ça me colle les miquettes) ?  Je l'avoue, je n'ai pas mis bien longtemps avant de capituler.
Et ce final apocalyptique avec Raped in a Chapel !!
Y a des chances pour que ... of Harrowing Remains reste dans mes demos favorites de 2022 encore un bout de temps.
Là où Graveater est passé, l'herbe n'est pas prête de repousser !  Sauvages !

mercredi 19 janvier 2022

METACHRIST - Fall Into Bloody Carnage

 

Ce ne sera pas une révélation pour ceux qui me connaissent, ni pour ceux qui me lisent régulièrement: même si j'écoute et suis curieux de pas mal de trucs, metal et punk restent -et resteront- mes principales mamelles nourricières.
Inutile par ailleurs d'énumérer, au cours de l'histoire de ces deux genres, les maintes reprises où l'un a influencé l'autre, et vice-versa. N'en déplaise à certains, d'un bord comme de l'autre, c'est un fait, et les faits sont têtus.
Faisant partie de ceux que ça n'a jamais défrisé, bien au contraire, quand un projet comme Metachrist se propose de mêler Sacrilege à Amebix, avec quelques louches de Doom et d'Anti-Cimex, parmi d'autres, dans un creuset de metal bouillonnant, forcément j'y prête l'oreille.
Et je ne suis pas déçu. Parce que ça transpire la sincérité, le même amour indéfectible pour ces deux frères ennemis de la musique-qui-pique. Parce que je n'ai qu'une envie à l'écoute d'un Dominion Soaked In Blood: lever le poing haut et gueuler le refrain encore plus fort que ce qui sort de mes baffles. Parce que le tout est joué avec les tripes, une fureur viscérale mais désabusée dans tous ces riffs plus bonnards les uns que les autres tout au long de ces quelques dizaines de minutes, mêlée à un côté épique et résolument guerrier véhiculé tantôt par les solos, mélodiques ou plus chaotiques (No Horizon, Erected By Our Deaths, Reaper in the Mirror,...), tantôt par les quelques nappes de claviers, en accompagnements ou en introductions, flirtant avec le dungeon synth, ou bien encore les chœurs comme sur Rise Off Your Knees.
De constructions assez classiques, les morceaux ont ce côté accrocheur qui perdure bien au delà des premières écoutes, jusqu'à s'incruster et squatter durablement l'hippocampe où ils feront un vrai carnage parmi vos synapses. Merci qui ?  Merci Metachrist !


samedi 6 novembre 2021

GHETTO GOSPEL - The Price You Pay E.P.

 


Ça vous dit une bonne dose de punk/hardcore mâtiné de oi! et de thrash qui tâche, avec intro/outro et nom chipés à 2Pac, le tout expédié en moins de douze minutes qui n'en semblent que trois ? Non ?!  Mais si, voyons... vous le regretterez pas !!
À l'oreille, ça sonne terriblement NYHC, pourtant ces joyeux lurons nous viennent de Grèce.
Gros groove, lattage à tous les étages, énergie ultra communicative tout en restant à la fois sombre et, paradoxalement, fun.
Chaud bouillant, ramasse tes dents.

mardi 19 octobre 2021

CHAOTIC INJUSTICE - Demo 2021


 

Trois titres, dix minutes à peine, et puis s'en va.
Non, ne partez pas vous aussi, ça serait dommage de passer à côté de cette petite demo.
Surtout si vous aimez le thrash US, et que vous ne crachez pas sur quelques légers relents épars de Cro-Mags, voire Suicidal Tendencies.
La balance penche tout de même fortement du côté thrash de la force. Les premiers Exodus, Testament, mais aussi Coroner.
Les riffs sont un poil plus travaillés que de simples assauts bas-du-front de troisième division, sans pour autant tomber dans le pompeux et rasoir, loin s'en faut.
Il y a la fougue, le dynamisme, essentiels au genre. 'Pas de chichi, du direct dans ta face. Une efficacité assez redoutable.
Des breaks et refrains plutôt accrocheurs (Population Control !!), des soli plutôt inspirés... Et une prod' sobre mais suffisamment abrasive, dans les canons des sorties début/mi 80s, signée par un certain C. Koryn (ce Charlie, quel stakhanoviste).
Il n'y a bien que le côté "trop court" de l'ensemble qu'on pourrait reprocher...  Une bonne occasion d'abuser de la fonction "repeat".

lundi 2 août 2021

BUBONIC WRATH - The Hemorrhaging in the Womb of a Gutter


 

Il y a des fois on ne pige pas.
Pourquoi ce projet, initié en solo, aujourd'hui trio, ne semble pas trouver grâce aux yeux -et surtout aux oreilles- de la masse ?
Bon sang, cet EP, sorti en novembre 2018, mérite amplement qu'on s'y intéresse !  Surtout si vous êtes client de black/death/thrash dans son jus necro-punk, caustique et primitif,
Gavé ras la gueule de riffs bonnards, certes pas franchement novateurs, mais très loin d'être inoffensifs, pour certains un tantinet dissonants -sans excès ostentatoires-.
Des riffs qu'on retrouve dés-organisés au sein de compos aux structures pas dégueux, et agrémentés de soli chaotiques comme pas deux.
Il y a une énergie cathartique qui déborde de partout, un vociférateur qui n'est pas en reste... alors non, je vois pas bien pourquoi on continuerait de bouder plus longtemps Bubonic Wrath.
En espérant que le groupe nous propose bientôt une suite.


jeudi 1 juillet 2021

HALLUXVALGUS - Reflections of Distant Dreams

 


Mais quelle scène chilienne de frappadingues !
Encore en train de digérer le So It Goes de Demoniac, voilà que déboule cet autre o.m.n.i. pas piqué des hannetons.
Death/thrash: check.
Crust/punk: check.
Prog/psyché: check... oh pinaize... même des bouts de doom là-dedans !
Sceptiques envers ce genre de métissage ?  Écoutez ce Reflections of Distant Dreams, et on en reparle après.
Ces compos puent la sincérité, l'envie de rendre hommage tout en suivant sa propre voie, sans se soucier des opinions des nombreux ayatollahs, gardiens de la pureté fantasmée de styles qui au fond leur échappent.
Tour à tour bourrin, chéper, la tête dans les nuages... et les groles bien collées à la crasse terrestre, le tesson de bouteille à la main, et la mine patibulaire.
Servi par une production absolument parfaite, sobre et nature, ces musiciens loin d'être des manchots, évitent aussi l'écueil de la branlette démonstrato-stérile.
Bon sang, c'te tuerie sans nom !


dimanche 11 avril 2021

INCINERATE - Back to Reality

 


Deuxième album pour ce trio belge, et deuxième torgnole dans les gencives !
Incinerate avait déjà annoncé la couleur avec Amazon Violence en 2016, et le combo ne semble pas vouloir dévier d'un iota de leur trajectoire initiale.
Côté "couleurs", ils semblent toujours autant vouloir en mettre plein les mirettes... à peu près autant qu'ils vont vous décalaminer les conduits auditifs.
Tout amateur de death/thrash se doit en effet d'écouter d'urgence ce groupe, si ce n'est pas encore fait.
Certes l'originalité n'est peut-être pas leur fort... mais point de vue efficacité et conviction, pardon !
On entendra donc tour à tour des clins d’œil fortement appuyés à Solstice, Demolition Hammer, Kreator, ou encore Sepultura. Vous avouerez qu'il y a pire comme influences.
Groovy, accrocheur, sincère, et vindicatif. Comment ne pas aimer ?

mardi 30 mars 2021

INFECTED RELIGION - 2020

 


Bon sang, mais que ça fait du bien par où ça passe !
Si je suis plutôt client de toutes formes de grind, il est une frange de ce genre qui n'a pas eu beaucoup de solides représentants ces dernières années, c'est celle mâtiné de thrash incendiaire, influencé par les Repulsion, Slaughter, et compagnie.
Et bien réjouissez-vous, et surtout, jetez vous sur les divers enregistrements que le jeune groupe-homme-seul Infected Religion a publié depuis une bonne grosse année maintenant.
À commencer par ce 2020, un album bourré ras-la-gueule de riffs brise-nuques, façon production à la chaine. Ça défouraille à tout va, du beat keupon à volonté alterné de blasts des familles.
Primitif, suintant l'urgence la plus totale comme il se doit.
Coléreux aussi. Que ça vous décoche pour un rien des directs dans la mouille comme un Francis Begbie au meilleur de sa forme après quelques pintes de Guiness tiédasse.
Rooh, et puis jetez un coup d'nyeux aux paroles, notamment celles de Managers !
F.O.A.D. !!!

jeudi 28 janvier 2021

CHARRED - Prayers Of Malediction

 


En voilà un qui sort presque de nulle part, et je me dois de saluer cette découverte qu'un bon ami m'a glissée à l'oreille.
À première vue, ce jeune combo issu de Floride n'a pas l'air de vouloir bouleverser le petit monde du death/thrash/black. Pourtant, sans en arriver là, on peut dire que Charred fait preuve d'une certaine originalité par cette touche de crossover qui fait la différence.
Le groupe prouve que l'association -peu courante- fonctionne, et n'a rien d'incongrue, au contraire. Cela peut surprendre au début, mais force est de constater qu'on s'y fait rapidement, et qu'on en redemande.
Et non seulement cet album convainc vite, mais il tient le coup des écoutes successives. Outre l'évidente efficacité des titres (bon sang, l'entrée de Killsight !), c'est surement grâce à ces petits détails discrets dans les arrangements, qui s'ils n'ont rien d'inédits, démontrent un certain talent pour en-mettre-ce-qu'il-faut-mais-pas-trop.   
Tous les amateurs des styles précités se doivent d'écouter ce que proposent ces gars là.