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mercredi 22 juin 2022

BOARHAMMER - I: Cutting Wood for Magickal Purposes



Attention !  Ça c'est du furieux black metal, largement heavy sur les bords (au cas où ça ne soit pas assez clair, le truc se termine par une reprise de Mercyful Fate).
Piochant chez les anciens: Venom, Darkthrone, Black Sab', Motörhead, Root (merci toi, tu sais qui tu es !); autant que chez les plus juvéniles Cultes des Ghoules et Funereal Presence, la musique proposée par ce duo teuton se veut occulte, tout en demeurant diaboliquement catchy.
Le chant, partagé entre les deux énergumènes, est varié, terriblement prenant, en un mot: excellent.
Tout sauf linéaire, tout sauf une pale imitation.
Les riffs tournicotent, n'ayant pour unique but que de faire perdre la raison, entrent en possession de nos misérables carcasses, danse hallucinée, sabbat retors pour âmes déjà perdues.
Chié, je n'ose imaginer le second chapitre à venir, mais je l'attend la bave aux lèvres...

vendredi 25 mars 2022

CRIMSON TOWER - Aeternal Abyss



Parvenir à deviner l'origine des membres de Crimson Tower simplement en écoutant leur musique relèvera de l'exploit. Ces Brésiliens offrent ici un premier album de heavy/doom traditionnel qui n'évoque à aucun moment les sables des plages de Salvador de Bahia, la moiteur de la forêt primaire, ou encore les favelas de Rio de Janeiro. On parierait plutôt sur une origine britannique, une ville (post-)industrielle du nord de l'ile.
Et on pourra, si on le souhaite, hurler au plagiat de tout un tas de formations cultes du genre, faudra tout de même être salement mal-luné pour ne trouver aucune qualité à ces six compositions.
Riffing efficace (coucou papy Iommi), jeu du batteur sobre mais suffisamment varié, basse tripante et gargouillant joliment (que j'aurais peut-être aimé encore plus présente), soli assez chouettes (en tout cas ils ne tombent pas comme un cheveu sur la soupe) saupoudrés d'un psychédélisme ad hoc, et un chanteur qui assure, d'une voix ferme et relativement puissante, même si évidemment, certains trouveront que le gus est plus limité qu'untel ou un autre.
Le mixage aurait peut-être pu découper un peu mieux les espaces de chacun, mais la production générale reste parfaitement lisible et appréciable dans son ensemble
Probablement un peu trop scolaire par certains aspects (bonjour le pompage d'AC/DC sur la deuxième moitié de Candelabrum), il y a tout de même pas mal d'éléments (un passage acoustique là, un lead de guitare ici...) qui font que les écoutes successives de Aeternal Abyss restent franchement agréables.

jeudi 7 octobre 2021

CERES - Tyrant's Rise



'Serait-y pas là, le EP de l'année, en matière de heavy ?
Personnellement, pas d'hésitation.
Des compos comme ça, ça fait mouche instantanément, et ça vous squatte le cigare pendant un certain temps.
Riffs ciselés et efficaces, basse bien présente, section rythmique au poil, sobre, des soli inspirés, et un chant qui s'aventure sans dérapages dans un registre assez haut perché.
Über-classique c'est sûr... mais est-ce qu'on souhaite vraiment des innovations en matière de heavy ?  J'en doute.
Fruit d'un duo, dont un multi-instrumentiste, membre, entre autres, d'Impure, ex-zikos live pour Amulet et Negative Plane, et le chanteur/claviériste dont il semble que ça soit le premier essai même si j'ai du mal à le croire... je puis assurer que je vais guetter la suite avec grand intérêt, et je devrais pas être seul.

jeudi 5 août 2021

HINTHIAL - :𐌀𐌍𐌔𐌀𐌓:



Hinthial est un projet italien basé en Toscane dont on ne sait pas beaucoup plus, et on s'en accommodera fort bien.
Cette demo composée de deux titres est de toute beauté.
Du heavy aux relents black, ou est-ce l'inverse ?  Qu’importe !
Ce qui compte, c'est bien que le talent soit là.
Évacuons aussi de suite ce qui en fera peut-être tiquer certains: oui, le riff d'ouverture, avec ces sonorités un tantinet orientales, les italiens l'ont un peu chipé à Marduk et son morceau Dreams of Blood and Iron... hommage, contrefaçon, ou pur hasard, chacun se fera son opinion.
Pour le reste, si de nombreux riffs sonneront forcément vieille école, il faudrait faire preuve d'une sacrée mauvaise foi pour crier au plagiat intégral.
Et si vous n'avez pas envie de lever aux cieux votre poing rageur passé la moitié de
Raśna Sval, quand un autre de ces excellents riffs heavy déboule, c'est probablement que vous me lisez depuis l'au-delà.
La production est plutôt propre, élégante, mais en aucun cas aseptisée... elle sied à merveille à ces morceaux racés. On discerne aisément tous les instruments, y compris la basse.
Le chant également mérite qu'on s'y arrête: conviction dans les vociférations, ferveur dans des déclamations en chant clair... on comprend que ces morceaux ont été finement travaillés avec toute l'attention aux détails nécessaire.
Comme d'habitude avec une demo, on reste un peu sur notre faim. Gageons que cette excellente entrée en matière appelle une suite plus consistante. Le plus tôt sera le mieux !

jeudi 10 juin 2021

GLASYALABOLAS - Act I


 

Nouveau coup de foudre instantané.
Dès les premières secondes.
Les riffs ?  Le son ?  Sûrement un peu tout ça... quoiqu'il en soit, une adhésion immédiate que les écoutes successives ne feront que renforcer.
Les trois Saint-Pétersbourgeois de Glasyalabolas proposent un black metal rehaussé de riffs heavy absolument imparables.
On pourra penser à Malokarpatan, mais ils développent leur propre identité. Moins éthylo-folklorique que celle des slovaques, mais bien plus vindicative et martiale, comme le laisse ouvertement entendre la pochette.
Ça pue la passion, la dévotion... ça riff dur, sans atermoiements inutiles.
Rhaa le break de I !!  Ils m'avaient déjà mis le grappin dessus, mais à partir de ce moment là, c'est sans retour.
Et cette ambiance hantée, rampante, avant de progressivement déployer l'atmosphère profondément belliqueuse sur IV, véritable pièce maitresse de cette demo.
Premier acte impressionnant. Soutien total !  La suite, vite !!

vendredi 4 juin 2021

GRÓGALDR & ÄKTH GÀNAHËTH - Grógaldr & Äkth Gánahëth



Ayant déjà abordé Grógaldr pour son split avec Valac, on passera sur les présentations. Le revoilou avec un nouveau split, en compagnie de Äkth Gánahëth, également un groupe-homme-seul, mais islandais, qui possède une demo et un album à son actif.
Un morceau unique pour Grógaldr, bien que composé de quatre parties. Pendant environ vingt minutes, le gus nous embarque dans son black sinueux, aux riffs emprunts d'un certain classicisme. Étrangement -ou pas- côté compos, je pense un peu, et par moments, aux deux premiers Dødheimsgard. Kronet pour le côté assez insaisissable, Monumental pour ce côté plus metal traditionnel de certains riffs.
Non, le black de Zugaratrucmuche ne verse pas dans l'inédit, mais il ne me laisse pas de marbre pour autant.
Côté Äkth Gánahëth, je dois dire que cela a été une vraie surprise. Déjà parce que, pour être honnête, je ne fais pas franchement partie des aficionados de la scène islandaise.
J'avais survolé l'album, mais n'avais pas plus accroché que ça, même si cela ne sonne absolument pas comme la plupart des groupes issus de cette scène.
Évidemment, l'ayant depuis réécouté plus attentivement, je retrouve des éléments assez, voir même, très chouettes... mais cela manque un chouïa de dynamique, surtout en comparaison avec ces nouveaux morceaux.
Ce qui change tout ici, c'est ces breaks offerts par des riffs heavy metal somptueux, comme aux trois quarts de Shadows Dance... ou de The Hissing...
Ce riff d'entrée de The Eternal Current qui se déploie par la suite !  Vous pouvez me croire, ils vont vous rester dans le citron tous ces riffs épico-désabusés diaboliques, et ceux des breaks heavy aussi !
Mention spéciale également à ces claviers asthmatiques, au poil !
En bref, un excellent split, et un léger avantage à l'Islande en fin de compte.

mardi 16 mars 2021

CENTURY - Demo MMXX

 


This one is a no-brainer comme disent les angliches.
Clairement, pas besoin de tergiverser des plombes face à ce genre d'enregistrement.
Century est un duo Suédois qui pratique un heavy metal traditionnel, rendant hommage aux grands noms du genre, et en premier lieu, à leurs compatriotes et vétérans de Heavy Load.
J'ai également pensé, plus près de nous chronologiquement, à Night, sans le côté pop/hardrock appuyé de ce dernier...  surtout le chant, à tel point qu'avant de vérifier, j'ai bien cru que c'était leur chanteur derrière le micro.
Les compos sont simples, sans chichis, mais comportent suffisamment de nuances et de qualités pour se démarquer, comme le solo de Streets in the Dark qui me renvoie vers Maiden, ou bien quelques riffs plus speed, ça et là. On est loin d'un médiocre copycat sans âme.
Méfiez-vous de Neon Warriors et de son refrain qui va rentrer dans votre caboche comme un rien. En revanche pour l'en faire sortir, ça sera plus délicat.
Le joyau de cette demo: Shadow of the Hunter, que j'ai bien du mal à ne pas écouter en boucle depuis la découverte de cette demo.
Et si vous êtes du genre à dire que 4 titres courts comme ça, ça vous bouche à peine une dent creuse, réjouissez-vous, un longue durée ne devrait pas tarder à pointer le bout de son nez.