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mercredi 12 octobre 2022

OLD TOMB - Phantom Hour

 


Même si c'est l'année du grind, 'faudrait pas oublier ceux qui aiment prendre leur temps, glisser au milieu de la vase, fluide, mais pas trop... Visqueux.
Les Slovaques d'Old Tomb en sont. Et ils aiment ça, les obscènes.
Oui, obscènes, car démontrer de façon aussi ostentatoire que l'on se balade comme si de rien n'était du sludge le plus infect, écume aux lèvres, au doom contemplatif -pour ne pas dire catatonique-, en passant (un peu) par le heavy massif et pas commode, pour finalement remuer lascivement du croupion sur un groove de lobotomisé-à-l'hydroponique, c'en est franchement indécent.
Parce que de surcroît, ça ne se contente pas de te coller les trucs les uns derrière les autres, au petit hasard, et de serrer les fesses pour que ça ressemble à quelque chose. Surtout pas. Ici on est sans cesse cueilli par la qualité des changements de séquences.
Y a bien que le nom qu'ils se sont trouvés que je trouve un peu rincé, mais pour le reste: à écouter (non sans déc'?) et à suivre de près.

jeudi 30 juin 2022

BAT SACRIFICE - Infected Sorcery

 


Bat Sacrifice, sous ses allures toutes rodées, c'est quand même un peu un omni. Si, un peu quand même.
Composé par des vétérans de la scène de Cleveland, Ohio (Fistula, Innoculation, et j'en passe), sorti sur un label orienté death et grind, autant dire tout de suite que le contenu de ce EP balaye bien plus large que ça... et, pour être honnête, ça balaye surtout "à côté", puisque ce que j'entends n'est pas tellement death, ni grind. Ça serait plutôt doom, sludge, hardcore, bien bordélique et noise sur les bords. En gros: z'ont pas franchement l'intention de te faciliter la tâche si tu tiens à tout prix à les faire rentrer dans une case.
Des guitares et des "soli" complètement nawak/anti-guitar-hero qui insufflent un sentiment de chaos et une tension palpable de longue. Une mauvaise humeur permanente... ah 'sont pas amicaux les bougres... et tant mieux !  En particulier, le "chant" qui n'en est pas véritablement un: le gus crache juste sa bile infecte, invective à tout va. Mais alors il le fait rudement bien.
La b.o. idéale pour celles et ceux qui ruminent et ronchonnent face à un monde et une société qui réussit le tour de force d'être chaque jour plus absurde.

vendredi 25 mars 2022

CRIMSON TOWER - Aeternal Abyss



Parvenir à deviner l'origine des membres de Crimson Tower simplement en écoutant leur musique relèvera de l'exploit. Ces Brésiliens offrent ici un premier album de heavy/doom traditionnel qui n'évoque à aucun moment les sables des plages de Salvador de Bahia, la moiteur de la forêt primaire, ou encore les favelas de Rio de Janeiro. On parierait plutôt sur une origine britannique, une ville (post-)industrielle du nord de l'ile.
Et on pourra, si on le souhaite, hurler au plagiat de tout un tas de formations cultes du genre, faudra tout de même être salement mal-luné pour ne trouver aucune qualité à ces six compositions.
Riffing efficace (coucou papy Iommi), jeu du batteur sobre mais suffisamment varié, basse tripante et gargouillant joliment (que j'aurais peut-être aimé encore plus présente), soli assez chouettes (en tout cas ils ne tombent pas comme un cheveu sur la soupe) saupoudrés d'un psychédélisme ad hoc, et un chanteur qui assure, d'une voix ferme et relativement puissante, même si évidemment, certains trouveront que le gus est plus limité qu'untel ou un autre.
Le mixage aurait peut-être pu découper un peu mieux les espaces de chacun, mais la production générale reste parfaitement lisible et appréciable dans son ensemble
Probablement un peu trop scolaire par certains aspects (bonjour le pompage d'AC/DC sur la deuxième moitié de Candelabrum), il y a tout de même pas mal d'éléments (un passage acoustique là, un lead de guitare ici...) qui font que les écoutes successives de Aeternal Abyss restent franchement agréables.

jeudi 25 février 2021

BETHMOORA - Thresholds


 

Ces derniers temps, je me suis penché sur la scène danoise. Probable séquelle du passage de la tornade Stikkersvin.
Si je connaissais relativement bien la pléthore de formations de qualité œuvrant dans le death, j'avoue volontiers que pour le reste, je pataugeais dans l'ignorance crasse.
En quelques jours d'investigations de cette scène bouillonnante, j'ai pris cher, et mon larfeuille également.
Et parmi des formations toutes plus recommandables les unes que les autres, les amateurs de sludge/doom ont tout intérêt à jeter leurs dévolu sur Bethmoora, si ce n'est pas déjà fait.
Auteurs d'une demo en 2016, et d'un split avec Dorre la même année, Thresholds, sorti en 2020, est leur premier LP. Quatre pistes, dans les 10 minutes ou plus chacune. Rien de paranormal ici.
Mais là où se distingue Bethmoora, c'est qu'il se passe réellement quelque chose dans la progression des morceaux. Quand pas mal d'autres projets dans le ton me paraissent parfois d'un ennui mortel, tant ils prennent un malin plaisir à répéter ad nauseam le même motif, qu'on les croirait atteints de neurasthénie aigüe.                                 Pas de ça ici. On a même droit à quelques accélérations savamment placées, histoire de terrasser ceux qui n'auraient pas déjà sombré, lentement aspirés au fin-fond d'un trou noir des âmes.
Reprenant à son compte un credo déjà observé par un Khanate, ou plus proche, un Cult Of Occult, d'aucuns pourraient regretter que Bethmoora ne propose rien de révolutionnaire.
C'est vrai, mais ce n'est pas mon cas. Parce que c'est joué juste, et relativement finement, eu égard au genre.