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mardi 25 octobre 2022

COSMIC HEARSE - Exalted Terror



Ça commence régulier. À tel point qu'on se demande vite d'où sort le côté "Cosmic" de ce qu'on est en train d'écouter. Et puis dès la deuxième piste, on commence à avoir une idée. Du grind augmenté aux acides progs et psychédéliques ?  On connait. Oh dis !  Tu voudrais pas nous faire du grind-buddhabar tant que t'y es, toi, là !?  'pas déconner avec bibi.
Mais non. Le truc sent vraiment la bidoche avariée, et le malaise est plus que palpable.
Distorsion de la réalité ?  Ouaip ?  C'est pas ça qu'y disent les experts ?  J'en sais plus rien moi, je viens de me faire lacérer par le riff qui arrive au milieu de Plunge Heart Into Fear. Oh vache, c'est bien ce que je craignais: ces deux gaillards aiment bien faire durer leurs sévices. Z'aiment pas gâcher.
C'est encore pire sur Trauma. Les claviers synthétiques soutiennent l'horreur organique, les volutes d'atmosphères toutes plus rances les unes que les autres sont irrespirables, et étrangement, une certaine quiétude finirait presque par se faire ressentir. Un éloignement, de plus en plus marqué, aux confins du néant ou pas loin.


jeudi 1 juillet 2021

HALLUXVALGUS - Reflections of Distant Dreams

 


Mais quelle scène chilienne de frappadingues !
Encore en train de digérer le So It Goes de Demoniac, voilà que déboule cet autre o.m.n.i. pas piqué des hannetons.
Death/thrash: check.
Crust/punk: check.
Prog/psyché: check... oh pinaize... même des bouts de doom là-dedans !
Sceptiques envers ce genre de métissage ?  Écoutez ce Reflections of Distant Dreams, et on en reparle après.
Ces compos puent la sincérité, l'envie de rendre hommage tout en suivant sa propre voie, sans se soucier des opinions des nombreux ayatollahs, gardiens de la pureté fantasmée de styles qui au fond leur échappent.
Tour à tour bourrin, chéper, la tête dans les nuages... et les groles bien collées à la crasse terrestre, le tesson de bouteille à la main, et la mine patibulaire.
Servi par une production absolument parfaite, sobre et nature, ces musiciens loin d'être des manchots, évitent aussi l'écueil de la branlette démonstrato-stérile.
Bon sang, c'te tuerie sans nom !


vendredi 28 mai 2021

MOLOK - SKÆR

 


Mon premier réflexe aura été de fuir.
Devant la musique, qui m’apparut comme l'archétype du disque qui devrait porter l’avertissement "à écouter avec deux cachets de paracétamol à portée de main".
Devant cet artwork aussi, assez dégueulasse, mais qui étrangement n'est pas dénué d'un certain magnétisme fascinant.
Comme le contenu.
Je suis d'ordinaire hermétique à ces albums prise-de-tête, mais il y a des exceptions, rares évidemment. Et celui-ci en fait partie.
Lors de ma bafouille concernant Salt, j'avais prévenu qu'il s'agissait d'une œuvre qui ne se digérait pas en une seule écoute. Je pense pouvoir affirmer que celui-ci risque de vous donner encore plus de fil à retordre.
Mais ça en vaut la peine, ô combien !
Épique, possédé, chaotique d'apparence alors que parfaitement réfléchi... de FALD à PEST, on est embarqué, souvent plongé dans les abysses insondables, avant qu'un trait de lumière, sous la forme d'un de ces riffs incroyables, vienne déchirer l'obscurité, et vous projette ailleurs, parfois au bord de l'aveuglement.
J'adore également ces arpèges entortillés, qui tournent, se recroquevillent sur eux-mêmes pour mieux vous retourner le cerveau.
Tout ça servi par des zikoss loin d'être manchots, aux jeux bourrés de feeling, et une production parfaitement équilibrée.
Molok poursuit sa route, hors des sentiers battus.
À mon sens, bien trop méconnus ou sous-estimés, ces fous dangereux viennent de sortir un des albums de l'année, et (presque) personne ne le sait !

mardi 9 mars 2021

MOLOK - Salt

 


Devinez d'où qu'ils viennent ces oiseaux là ?  Hein ?  Et bien oui, du Danemark !  Oui, encore.
On compte deux anciens musiciens live d'Angantyr derrière ce groupe de black metal, qui, s'il n'est pas aussi barré que d'autres de leurs compatriotes, présente tout de même quelques caractéristiques prouvant que la santé mentale de ses membres pourrait faire l'objet d'une étude clinique.
Loin d'être de nouveaux venus, le projet est né en 2008. Et outre le présent album qui date de 2018, ces gars là ont un LP et 2 EPs à leur actif.
Si vous appréciez les disques variés, qui aiment tromper l'auditeur, le prendre à rebrousse-poil, et le déstabiliser, vous êtes plutôt bien tombés.
Les Danois de Molok savent ce que le mot dynamique veut dire.
Loin des productions raw, le son est propre, assez naturel, fort bien mixé.
Les riffs sont torturés ou épiques; les rythmiques, oscillant entre l'apaisant et les blasts déchainés; le chant, lui, offre murmures, lamentations, ou gueulantes arrachées. Encore une fois, c'est ici une terre de contraste.
Il sera difficile, pour ne pas dire impossible, d'apprécier Salt en une seule écoute... il vous faudra le mâcher à de nombreuses reprises, puis le digérer, et probablement que beaucoup d'entre vous n'auront pas cette patience.
Encore maintenant, je reste parfois circonspect face à tel ou tel passage... mais pris dans son ensemble, cet album ne me laisse pas de marbre, loin s'en faut.
C'est une œuvre personnelle, à la fois black, punk, prog, post-bidulemachintruc, qui au final, ne ressemble qu'à elle même.
La folie douce.