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jeudi 13 avril 2023

SOKEUS - Immortal Wisdom



Ça fait un bout que j'ai pas causé black metal. Ça fait un baye que j'ai pas causé tout court, y'a pas.
Et surtout, ça commence à faire beaucoup trop longtemps je les zieutais ces Finlandais. Même que j'aurais déjà dû te balancer un engin parallèle, Veitsi.
Ici on parle bm de haute volée, racé, aux mélodies qui n'ont rien du bonheur, pleines d'un franc mépris. Soufre oxydé, averses de pluies acides qui se succèdent jusqu'à te ronger bien profond. Impitoyablement, inexorablement, mais avec une certaine élégance.
La production dépouillée, naturelle, et parfaitement lisible, un jeu du batteur simple mais redoutable d'efficacité.
Une nouvelle raison de les avoir encore plus à l’œil, sûr.

jeudi 19 janvier 2023

HIDDEN DAGGER - Zilver in de ogen

 


Si tu commences à en avoir marre que je te cause que de bm, tu peux d'ores et déjà tourner les talons, parce que c'est encore au menu, et même que je te ressors une vieillerie, ça te fera les pattes.
C'est que j'y tiens à celle-ci. Pas pour toutes les oreilles cela dit, t'es prévenu. Plus noir que noir, et inamical au possible. J'aimerais dire que ce n'est pas utile de le préciser, mais vu ce qui sort parfois sous l'étiquette bm, pot-pourris de bons sentiments, et autres produits markétés de la tête au pied, on peut douter.
Dés les premières secondes de ce riff lugubre, morose, dès les premières vociférations et plaintes de damné, plongé dans ce nuage de poussières de charbon, là il n'y a pas de doute possible: 'sont pas là pour rigoler les Bataves.
Malgré un parti pris radical, teinté noise, l'ensemble ne se révèle pas rébarbatif, l'attention de l'auditeur (i.e. la victime) est maintenu par une dynamique rythmique, ainsi que des niveaux d'intensité, et, en outre, un certain talent pour te perdre loin, très loin (cette dernière piste !). Flippant.

jeudi 12 janvier 2023

KÕUKUDE TANTS - Lyndanise Ood



Il ne faut pas attendre bien longtemps avant de s'apercevoir que, oui, il se passe quelque chose ici. Dès l'entame, le gueulard, allumé et bien entamé, captive l'auditeur. Et dès la fin de Aadelkonna Etüüd, Kõukude Tants avait gagné toute mon attention.
Une richesse indéniable des arrangements, une fougue, une folie même, mêlée de mélancolie, le travail sur les leads de guitare, poignants, tragiques (rhaa le morceau-titre !  mais aussi sur Kõnts)
Ça pioche à droite et à gauche, notamment chez la récente scène Polonaise, et chez la Danoise.
Mon petit bémol, et peut-être le pourquoi-du-comment-que-j'en-ai-pas-parlé-avant-?, c'est qu'arrivé au cœur de ce EP, les Estoniens se laissent totalement submerger par cette mélancolie typiquement slave, déjà évoquée plus haut. Et là, ce "coup de mou" passe ou pas selon ton humeur. Dans mon cas, bien souvent je décroche.
Néanmoins, il y a un sursaut avant la fin. Rien du niveau, malheureusement, des deux excellentes premières pistes, mais quoi qu'il en soit, et rien que pour cette entrée, ce projet mérite qu'on le garde en tête.

vendredi 30 décembre 2022

GULGUHK - Et flotteront les restes de ce monde lugubre​.​.​.



Je n'ai pas pour habitude de m'envoyer des fleurs, mais ne t'en déplaise, je suis tout de même content: je ne m'étais pas trop mis le doigt dans l’œil quand je croyais déceler la patte de Finian Patraic sur ce projet (cf mon blabla sur Vous pourrirez tous...). Et tu l'as deviné, si jamais tu l'ignorais jusque là, le stakhanoviste du metal noir Gaspesien frappe encore.
Mer truffée d'icebergs, côtes déchiquetées par le blizzard, frêle esquif défiant les éléments, et puis la brume tombe. Perdu, désorienté, à bout. Mais qu'allait-on faire dans cette galère ?
L'animal a toujours ce même sens du riff vague à l'âme, la fragilité, et la force mise à l'épreuve, de véritables fresques fantômes épiques, ad-hoc... Plonge dedans, disparais corps et biens, et advienne que pourra.

vendredi 23 décembre 2022

GEATKIHAUKR - Demo 2022



Trop chiant son nom de groupe-homme-seul. À dire et même à écrire. Rhoo comme c'est trop bm d'entrée !
Et puis paye ta prod toute rachitique, qui rembarre direct le tout-venant. Trop bm que je t'ai dit.
C'est que le lascar là, l'est Finlandais. Y a des standards, tu vois. Et il ne voudrait pas faire tâche. Il joue un bm simple, efficace, rudimentaire mais savamment construit, riff après riff, dans une certaine idée de la tradition. S'aidant occasionnellement d'un petit passage dungeon synth bien placé, d'un vieux riffing heavy qui tombe dru, ou à l'inverse de sonorités flottantes quasi post-punk, de leads mélancoliques qui percent de part en part, le tout offert dans son écrin D.I.Y., sincère.
J'y ai même trouvé un je-ne-sais-quoi du Dødheimsgard période Monumental Possession, en particulier ces tremolos infernaux que l'on trouve sur le final.
Beaucoup plus riche et mieux gaulé que ce qu'il y parait au premier abord, et cela même si on peut déplorer, peut-être, quelques longueurs ici, là. Certes, ce n'est pas la demo du siècle, ni même celle de l'année, mais j'y trouve mon compte, ainsi que dans la précédente sortie en août 2021.

jeudi 15 décembre 2022

CORRODE - Demo 2021



Corrode, c'est du thrash/black retors, absolument pas basé sur la vitesse, même si ces Teutons savent accélérer si besoin. Le groupe apprécie majoritairement les mid-tempos, et use de dissonances mesurées -comprendre que cela n'est pas indigeste, pour moi en tout cas- qui me font penser de loin à Voïvod.
Un sens affirmé de la menace, le truc qui rôde autour, ne te lâche pas du regard, cherchant l'ouverture, l'instant de faiblesse, et toi, mijotant dans ton jus d'angoisse et d'insécurité... en particulier sur Vultures, qui porte donc bien son nom.
Rempli de détails réjouissants, comme le batteur qui s'éclate à jouer sur les temps forts/faibles pour mieux te retourner, ou ses zests de rototoms, comme sur l'entrée de Angstridden ('tain, ces mecs visent juste).
Classique sous certains aspects, plutôt inattendus à d'autres égards, variant intelligemment les tempos, les riffs virulents, et en supplément: un chant mordant, rageur et maladif. 'Faudrait pas trop les perdre de vue ceux-là.


mercredi 7 décembre 2022

MALIËNKOLDER - Mali​ë​nkolder



Du black metal épique, tranchant malgré la rouille, désabusé, l'affrontement et la défaite, un chant d'écorché vif qui varie entre hurlement désespéré à te foutre la chair de poule (j'ai pensé à Lure, fort) et intonations plus classiques.
L'amertume omniprésente, des morceaux non linéaires, de vraies fresques émouvantes, à la gloire de l'absurdité de l'Homme, sans cesse démontrée, encore, et encore. La récurrence infernale en somme.
Chaotique, confus par instants, à l'image de l'intro de Vergif en venijn et ses sonorités inhabituelles, parfaitement cacophoniques, avant que la tempête emporte tout, ce son cradingue qui arrache.
Même pas référencé sur MA à l'heure où j'écris ces lignes, le duo Batave à l’œuvre ici offre un des meilleurs débuts en matière de bm que j'ai pu entendre cette année.

mardi 15 novembre 2022

DEPRAVEMENT - Depravement



Déjà auteurs d'une demo pas piquée des hannetons en 2019, ces quatre Finlandais persistent dans la même voie, celle d'un black/death rétrograde qui renverra régulièrement vers le vieux Beherit, entre autres.
Évidemment primitif, lancinant, parfois même rampant dans ses très nombreux mid-tempos, préparant ainsi le terrain pour les assauts barbares, blasts primaires et growls pestilentiels, à volonté.
Les riffs sont d'une simplicité biblique (oui, je blasphème), accompagnés de quelques tremolos AOP. Z'ont même ressorti le vieux synthé rincé sur l'intro de Ceremonial Void.
Et puis ils s'en vont, crapahutant, avec le vent mauvais.
En bref, sûrement des adeptes du courant de pensée engendré par l'éminent philosophe F. Cabrel: "C'était mieux avant".

jeudi 10 novembre 2022

BLACK DOOR - And the Spirit of Old Whispered Words of Amduat



Un black metal ritualiste/atmosphérique, au son volontairement étouffé, opaque.
Qui prend son temps pour installer ses ambiances et t'y faire plonger. La pochette aurait pu préfigurer des sonorités orientales, mais ce n'est pas tout à fait le cas. S'il y a quelques accointances pagan dans certains riffs, c'est entre Soleil Couchant et Levant. Un entre-deux forcément quelque peu énigmatique.
Oh, cette basse, ronde, séduisante, sur The opening of the Mouth (a Spell) !  L'envoûtement devient de plus en plus puissant, une main invisible a resserré son emprise, les incantations, psalmodies et autres plaintes, n'y sont probablement pas pour rien.
Ici, un interlude acoustique, léger, la mélancolie... et puis le venin. Et là, des dissonances flottantes qui semblent t'emmurer vivant. La curiosité de sentiments contradictoires, comme un sous-terrain à ciel ouvert ?  Ceci n'a aucun sens, et pourtant...

vendredi 14 octobre 2022

КАЛАНДАР - Домок о шести досок



Sorti il y a près d'un an maintenant, voici un album de black/punk particulièrement abrasif.
Le larsen qui te vrille le tympan d'entrée... ok, t'as vu où t'as posé les esgourdes.
Les autochtones t'ont alpagué. Mais qu'est-ce que t'es venu trainer tes schlaps dans la zone ?
Ici, ça ne minaude pas. On te tombe sur le râble, dru. T'auras pas le temps de moufter que déjà l'atmosphère irrespirable, l'odeur de pneus brulés, et les relents de pisse, te feront suffoquer. Étourdi, tu ne verras même pas pleuvoir les premiers coups.
Ces Russes sont intransigeants certes, mais pas complètement sans nuance (pas complètement j'ai dit). Ils s'y connaissent aussi en torture psychologique primaire, allant presque jusqu'à t'aider à te relever, avant de te balancer un glaviot en pleine face, et de reprendre de plus belle la correction.
Toupa-Toupa et Patou-Patou au pays merveilleux de Poutine. Original, sûrement pas. Mais ce qui compte ici n'est pas tant le "quoi", que le "comment".

mardi 27 septembre 2022

MISÉRICORDE - Le Loup des Ruines



Les nappes de claviers et guitares entremêlées omniprésentes, une brume qui ne se lèvera jamais. Et tantôt, une échappée, un chemin de traverse qui semble se refermer aussi fugacement qu'il s'était ouvert, te laissant hésitant, dubitatif... perdu.
Ouaip. Il y a du savoir-faire ici, en ce qui concerne la capacité à égarer et nous faire errer dans nos propres pensées. Genre, largement au-dessus de la moyenne.
Alors, captivant, ensorcelant... Oui, évidemment. Impérial également. Et habile. Insuffler un semblant de dynamique est toujours délicat pour le genre en question, mais c'est réussi céans. Vise un peu les blasts, sérieux.
Au milieu des hurlements nocturnes, des psalmodies sinistres, il est probable que tu aies perdu tout sens de l'orientation. Accepte. Embrasse. Abandonne.

lundi 29 août 2022

AXXMAXXIUS DEVASTRUKTOR - Blood Seeps Into the Black Earth



Oui rien que ça, avec quatre X. Excessif tu dis ? Non si peu.
Les enregistrements précédents m'avaient déjà interpellé, mais là c'est le niveau au-dessus.
Sorti au cours de cet été caniculaire, cet album a réussi le tour de force d'augmenter encore un peu la température ressentie. Le désert australien à 14h, c'est peanuts à côté.
Chaud-bouillant donc, mais pas que. Car la grande originalité (si, si) de la chose, c'est d'avoir mixé à ce death/black radical, dans la plus pure tradition du bled, des nappes de claviers hantés que l'on trouve d'ordinaire plus facilement chez les groupes de bm venu du grand froid. Tu vois le contraste improbable ? Et bien pourtant ça marche grave. Le chaud-froid infernal.
L'ensemble est sans concession, jusqu’au-boutiste, malveillant et résolument perché. Il aurait été impensable que je n'en parle pas.

vendredi 19 août 2022

THROWE - Forefald



Il y avait longtemps que les chemins de l'Intervalle ne t'avaient pas mené au Danemark. On sait tous que ça ne pouvait pas durer.
'Pis vise un peu: l'odieux mélange bm/hc, rien que ça. L'agencement devenu bien ignoble, épouvantail à gens de bon goût. En tout cas c'était mon à priori jusqu'à ce que je pose mes oreilles sur Throwe.
Pourtant tout y est: les arpèges dissonants sur rythmique pachydermique, offrant toutes sa place au hurleur-en-souffrance de service, les emballements occasionnels, l'abandon feint, pour mieux te rattraper par le colbac... Ah tu n'y crois pas ?  Vois-tu, homme-femme-non-identifié de peu de foi, il se trouve qu'ici les mélodies des guitares parviennent à transpercer même les plus épaisses postures, et ne donnent pas dans le putassier ce faisant. Admire le job d'équilibriste.
À quoi bon lutter, c'est le Danemark. Tu peux pas test.

mardi 2 août 2022

DHURON - MDCCCLXIV



Oh tiens, encore du raw black ?
Eh ça va, c'est pas comme si je t'avais noyé sous les parutions du genre, ces dernières semaines.
Sortie assez confidentielle, cette demo devrait pourtant plaire aux amateurs du genre... mais faut lui laisser le temps de faire son œuvre. Car elle a l'air de rien comme ça: reprenant, apparemment, des chemins maintes fois arpentés... Tu vois ces instants où, te baladant, et alors que ton esprit vagabonde de pensée en pensée, tu finis par te demander, comme sortant d'un rêve éveillé, comment tes pieds t'ont mené là où tu te trouves ?  Ici ça me fait la même à chaque fois.
Les riffs, le chant, la prod, tout semble si familier, alors, une fois que les dernières notes se meurent, par quel maléfice se retrouve-t-on perdu, hagard et déboussolé, alors que rien ne pouvait le laisser présager ?  On est à deux doigts de l'enlèvement par des êtres venus d'ailleurs !
En toute sincérité, le mystère demeure. Mais, fondamentalement, qu'importe les explications, l'essentiel est que le véhicule émotionnel fonctionne, et pas qu'un peu !

mercredi 22 juin 2022

BOARHAMMER - I: Cutting Wood for Magickal Purposes



Attention !  Ça c'est du furieux black metal, largement heavy sur les bords (au cas où ça ne soit pas assez clair, le truc se termine par une reprise de Mercyful Fate).
Piochant chez les anciens: Venom, Darkthrone, Black Sab', Motörhead, Root (merci toi, tu sais qui tu es !); autant que chez les plus juvéniles Cultes des Ghoules et Funereal Presence, la musique proposée par ce duo teuton se veut occulte, tout en demeurant diaboliquement catchy.
Le chant, partagé entre les deux énergumènes, est varié, terriblement prenant, en un mot: excellent.
Tout sauf linéaire, tout sauf une pale imitation.
Les riffs tournicotent, n'ayant pour unique but que de faire perdre la raison, entrent en possession de nos misérables carcasses, danse hallucinée, sabbat retors pour âmes déjà perdues.
Chié, je n'ose imaginer le second chapitre à venir, mais je l'attend la bave aux lèvres...

vendredi 17 juin 2022

OTRAS - Cintorín Blues

 


Des albums, EPs, ou demos de black/punk, ces dernières années, il en sort treize à la douzaine, presque tous les jours.
Nécessairement, ça peut finir par lasser, surtout s'il n'y a aucune valeur ajoutée. Ce qui, bien entendu, n'est pas le cas d'Otras et de son EP Cintorín Blues, beaucoup plus profond et riche que ce qu'une première écoute superficielle pourra révéler: j'ai pas été loin de le regarder de haut et de me dire: oarff, sympa mais déjà vu (et surtout entendu^^).
Il y a la hargne primaire, l'envie incoercible de tout décheniller, cela va sans dire, contrebalancée par un sens certain de la composition et de la dynamique, incarné par des breaks idéalement placés et des changements de tempi multiples (raaah ces blasts cradingues et impitoyables !); mais aussi, une ambiance noir c'est noir peu commune.
Autres motifs de réjouissance: la basse obèse et over-saturée (elle et la guitare se tirent grave la bourre), et surtout, ce "chanteur" aux cordes vocales délicatement travaillées au papier de verre, qualité gros grain.
La capacité à réunir ultra-violence et un certain genre de raffinement (Oui. Toute proportion gardée, bien entendu) n'est pas donnée à n'importe quels clampins.
Assez flippant cet EP, pour tout dire.

vendredi 10 juin 2022

SKARNTYDE - Flukt fra menneskeligheten



Sorti en fin d'année dernière, ce premier album de Skarntyde (Norvégien pour Ciguë), après m'avoir immédiatement interpellé, est régulièrement revenu dans mes listes de lecture. Il me fallait donc bien en parler un jour, l'autre.
Son élégance, ses multiples renvois à Ulver (celui des débuts, est-il besoin de préciser ?), la fluidité du tout, et ce malgré un côté très versatile, riche, balançant entre assauts francs, sens de la mélodie ciselée très affirmé, passages acoustiques et chœurs profonds, chargés d'émotions... Un esprit pagan nordique indéniable.
Mais au delà de tout ça: c'est simplement "beau". Aussi tarte que paraisse cette assertion.

jeudi 26 mai 2022

KVIĐRISTA - Demo MMXXII



Habituellement, le metal islandais et moi, c'est pas le grand amour.
Les trucs tarabiscotés pour dire qu'on fait du tarabiscoté, moi ça me scie les nerfs. Question de sensibilité, comme d'hab'. Bref.
Tout ça pour dire qu'avec leur petite demo qui semble presque être passée inaperçue, humblement ornée de ce simple logo blanc sur fond noir, ces Islandais là, sont presque parvenus à me faire oublier tout le mal que je pense de cette scène.
Bien plus abordable que la musique de leurs congénères, le black/death proposé ici possède toutefois quelques arguments autres que le simple tartinage bête et méchant. On trouve en effet un côté mélodique, du genre death/doom assez prononcé, qui ne sombre pas dans le mièvre, mais donne plutôt dans le langoureux, sinueux... avant de vous sauter sur le râble, de prendre possession de votre carcasse, et de provoquer un déhanchement lascif et symptomatique d'un groove irrésistible (Stál í hold).
Eh ! Z'êtes sûr que ce sont des Islandais ?

mardi 3 mai 2022

DITESCO MORI - DIT​.​SCO M​.​R.



Un sacré bout de temps qu'elle traine dans les couloirs de l'Intervalle, cette demo d'un black metal rétrograde, et pourtant foncièrement illuminé.
Il rebutera celles et ceux qui ne font qu'effleurer la surface des choses. Non, il n'est pas amical, l'animal. Clair qu'il sélectionne.
Et pour celles et ceux qui seront bénis (ou maudits, selon le point de référence), qui perceront les brumes opaques et les faux-semblants: le spectacle d'une cérémonie des opposés offert par ces guitares schizophrènes, entre simplicité presque enfantine et tarabiscotages inquiétants, psalmodies et incantations cryptiques.
Médusant, délicieusement terrifiant.

mercredi 6 avril 2022

BLUTUMHANG - Moonchants to Eternus



Elle m'a quelque peu surpris, cette sortie du nouveau Blutumhang.
J'en parle comme d'un vieux taulier de la scène, mais il faut intégrer à quel point la première sortie m'a scotché, et sur la durée encore. Et si le gars
Bergheim, ne semble pas occupé ailleurs, ce n'est pas le cas de son compère là, Granheim, AKA The Astral Serpent, qui commence à faire sérieusement partie du paysage avec ses nombreux projets.
Et donc surpris - oui j'insiste - et à plusieurs titres. D'abord parce que je n'attendais pas de suite aussi rapide à l'exceptionnel The Fires of Domination. Ensuite surpris par le contenu, en tout cas la bonne grosse première moitié. C'est un Blutumhang que je n'hésite pas à qualifier de plus accessible. Plus mélodique, et plus classique, sans l'ombre d'un doute. En outre, exit les longues plages noise/ritual, qui pourtant, et une fois n'est pas coutume, ne servaient pas à rien, et surtout pas à faire du remplissage. Alors on retrouve tout de même une outro à Throne of Eternus et également pour clôturer l'album (cette utilisation de cuivre me fait forcément penser à Kommodus), mais à titre personnel, je regrette un peu ce choix.
Pour le reste, il faut bien avouer que Blutumhang offre à nouveau de superbes morceaux d'un black metal impérial, suintant l'amertume, incarnation d'une déchéance indéniable. Les riffs qui tourbillonnent et font glisser au fond de l'abime. Les vocaux toujours aussi saisissants, décharnés et hallucinés... oui, la chair de poule !
Pour l'heure, je garde une préférence pour la deuxième moitié de l'album... Never to Return et Moonchant Redeemer, plus proches des compos présentent sur Fires... me glacent le sang instantanément, inévitablement.
Reste une certitude, en dépit de mes inclinations personnelles: c'est du grand Blutumhang.