Ça commence régulier. À tel point qu'on se demande vite d'où sort le côté "Cosmic" de ce qu'on est en train d'écouter. Et puis dès la deuxième piste, on commence à avoir une idée. Du grind augmenté aux acides progs et psychédéliques ? On connait. Oh dis ! Tu voudrais pas nous faire du grind-buddhabar tant que t'y es, toi, là !? 'pas déconner avec bibi.
Mais non. Le truc sent vraiment la bidoche avariée, et le malaise est plus que palpable.
Distorsion de la réalité ? Ouaip ? C'est pas ça qu'y disent les experts ? J'en sais plus rien moi, je viens de me faire lacérer par le riff qui arrive au milieu de Plunge Heart Into Fear. Oh vache, c'est bien ce que je craignais: ces deux gaillards aiment bien faire durer leurs sévices. Z'aiment pas gâcher.
C'est encore pire sur Trauma. Les claviers synthétiques soutiennent l'horreur organique, les volutes d'atmosphères toutes plus rances les unes que les autres sont irrespirables, et étrangement, une certaine quiétude finirait presque par se faire ressentir. Un éloignement, de plus en plus marqué, aux confins du néant ou pas loin.
mardi 25 octobre 2022
COSMIC HEARSE - Exalted Terror
mardi 12 juillet 2022
SMOKIN' CHICKS - Raped of Humanity
2022, année riche en grind ?
Ma foi, oui ça me semble bien parti. Outre un certain nombre d'albums bien gratinés en la matière (qui a dit Whoresnation ?), et malgré la lente et inexorable (?) déchéance de quelques grands noms (qui a dit Napalm Death ?), il y a aussi un paquet de "petites" formations qui ont tout pour plaire (Tormentous, xLODEAx, Bodyrot, Deliriant Nerve, Gouger, Necropsy Odour... c'est bon ou je dois continuer ?).
Avec ce Raped of Humanity, le duo Smokin' Chicks me semble en être, bien qu'il soit, pour l'heure, injustement boudé par les connoisseurs... Z'êtes où mes lapinous ?
Alors je n'ai pas la prétention de pouvoir tordre cette réalité, mais si le présent baragouinage peut te permettre de découvrir et savourer un plaisir simple, décomplexé, aux riffs évoluant comme il se doit entre parpaings délicatement largués sur le coin du citron et sacrosaints tournicotages ad hoc, menés grand train (sois en assuré: la caisse claire prend cher), j'en serais, humblement, ravi.
lundi 16 mai 2022
TORMENTOUS - Demo 2022 AD
Du death/grind thrashisant. Cru et foncièrement cradingue. Évidemment que j'en suis !
Sérieusement, cette demo dégage drôlement le paysage environnant. Ça bave, déborde, et en fout partout, et c'est ça qui est bon ! Avec ces lignes de guitares flinguées, entre thrash rétrograde et descentes noise infernales.
Hagard, encore grisé par ce déchainement de sauvagerie primitive, appuyer sur play, encore et encore, en boucle.
V'là l'attentat !
mercredi 11 mai 2022
KOBOL - Void
Je l'ai déjà dit que je me sentais à nouveau beaucoup d'appétence pour tout ce qui gravite autour du grind ? Je sais plus, et on s'en carre. Mais si les sorties de cette première moitié de 2022 me donnent pleine satisfaction de ce côté, cela n'interdit en aucun cas de revenir un tout petit peu dans le temps, surtout quand c'est pour débusquer des tueries dans le genre de Kobol, mêlant à leur sauce grind, powerviolence et hardcore.
Pas besoin de remonter très loin d'ailleurs, puisque Void est sorti le 1er janvier 2020.
Avec un gueulard et des chœurs très typés hardcore, ne laissant aucun doute sur l'envie d'en découdre de ces Norvégiens, posés sur des compos énergiques balançant entre bovinitude assumée et élans aériens (si, si, j'ose), tout en vélocité.
Et si en plus on trouve une belle basse granuleuse qui joue souvent le premier rôle, renforçant le côté bagarreur, je savoure et en redemande.
mardi 29 mars 2022
XLODEAX - Chocolulu Shlacore
D'accord, c'est probablement une des plus hideuses pochettes que j'ai croisé depuis le début d'année. D'accord, c'est aussi un des noms d'album les plus tartes qu'il m'ait été donné de croiser.
Faut croire que le combo des deux est pas si idiot que ça, car devant un tel amas de portnawak, j'ai immédiatement voulu écouter pour me faire une idée de jusqu'où s'étendaient les dégâts.
Et bien m'en a pris. Oh que oui !
Offrant un mélange plutôt équilibré de grindcore, hardcore, et powerviolence, totalement décomplexé, et laissant même quelques embryons de mélodies fleurir ici et là (rien que la basse sur l'intro), la musique des Israéliens est idéale pour les matins difficiles.
Mieux qu'une cure du Juvamine.
À la fois d'une simplicité élémentaire, tout en étant parsemée de ces petits détails, et autres arrangements, qui font souvent la différence. Chants assez variés, entre les éructations d'un lobotomisé de service (selon les goûts de tout un chacun, il pourra faire sourire ou agacer...) et gueulantes déchirées, il y a de quoi faire de ce côté.
Pour le reste, c'est efficace et virulent, accidenté, et servi par une production claire et sans chichis. Que demander de plus ?
dimanche 20 mars 2022
BODYROT - Fleshworks
Quand certaines gloires du grind/death finissent, lentement mais sûrement, par se diriger vers l'Ehpad le plus proche, il est bon de se dire que de jeunes formations continuent à éclore un peu partout, et sont plus que prêtes à reprendre le flambeau.
Bodyrot nous vient de Colombie Britannique, et leur demo qui ne dépasse pas les huit minutes pour quatre morceaux est un parfait exemple du décalaminage intégral qu'on est en droit d'attendre d'un groupe pratiquant ce genre.
Changements incessants des tempos, growls alternés d'homme-ours-porc, guitares mastoc... je ne vois pas comment on pourrait ne pas aimer, à moins d'être allergique au grind en général.
On pourra toujours arguer que c'est un peu court, que ce n'est pas original, blablabla... Laisse les pisse-froid chouiner dans leur coin.
mardi 15 février 2022
DELIRIANT NERVE - Uncontrollable Ascension
Autre claque certaine pour ce début 2022, voici un grind-mais-pas-que, légèrement psyché sur les bords (outre les riffs déglingués, merci les soli guitare-zero), qui, sois en assuré, devrait répondre à la plupart des attentes en matière d'avoinade caractérisée, et gratuite.
Grosse richesse et variété des séquences qui s'enchainent à toute blinde (raaah ! le break thrash de Flesh Creep), ainsi que des structures: les ralentissements, les mosh-parts, et surtout les accélérations subites, au bord de l'épilepsie.
Ton patron te pourrit la vie ? Tu deviens chèvre avec l'administration française ? Ton conjoint est parti ? Pire: ton conjoint est revenu ?
Un seul traitement: Écoute de Uncontrollable Ascension matin et soir, accompagné, si le besoin s'en fait ressentir, de séances de destruction aléatoire muni de votre batte en alu favorite.
Pfiouuu ! 'fait du bien.
Allez, retour à mon dossier CAF, ça va chier !
jeudi 3 février 2022
GOUGER - Cranial DEMOlition
Aaah cette finesse qui ne se dément jamais dès lors qu'on s'aventure dans le grind/death. J'entends le bon.
Parce que le mauvais grind/death, il trouve un sample débilo-gore bien bath, et derrière: il mouline et bourre comme un âne, en moins de deux minutes. Alors que le bon grind/death lui, bon, il trouve un sample débilo-gore bien bath, et derrière: il mouline et bourre comme un âne, en moins de deux minutes. Mais c'est du bon grind/death.
Après l'art contemporain, c'est probablement une des plus belles escroqueries. Je me fais avoir quasiment à tous les coups, et le mieux, c'est que twerkant seul dans ma piaule sur ces rythmes endiablés, j'en redemande !
FFO: Impetigo, Mortician, Blood, partie de scrabble à trois lettres, Critique de la raison pure de Kant.
mercredi 5 janvier 2022
NECROPSY ODOR - Tales From The Tepid Cavity
Allez, allez, on se donne un bon coup de pied au fondement, il est temps d'émerger.
Quelque chose me dit que vous n'êtes pas frais, on va se lancer avec un truc pas trop compliqué. Une petite demo de grind/death. Ça détend, et ça pourrait éventuellement servir de Destop pour celles et ceux encore ballonnés par tous ces excès, tous ce que vous avez pu bâfrer, par le gosier comme par les esgourdes.
Heureusement que je suis là pour cette remise en forme. Au planning, rien d'inédit, c'est qu'il faudrait pas risquer la tendinite au cerveau. On retrouve donc la guitare-porcasse, obèse et avinée; les sévices de grade 3 sur la peau de la caisse claire, z'en redemandez ! Et puis cette somptueuse polyphonie yaourtesque à deux voies, façon débouche chiotte infernal.
Et bien entendu, tous mes vœooeeeuuuuoaaaaaaarrrghhzblourrghproutx !
vendredi 3 décembre 2021
MANGLE - Deposed And Disposed EP
Il y a un temps pour tout. Oui, je sais que je l'ai déjà dit, je ne suis pas encore complètement sénile.
Et donc, il y a aussi des moments où l'on a juste envie d'un plaisir simple, modeste.
C'est là qu'intervient Mangle et son death/grind élémentaire. Le truc qui paye pas de mine, de son contenant à son contenu. Mais faudrait pas faire l'erreur de dédaigner trop vite la chose, car si l'on retrouve évidemment tout un tas d'éléments extrêmement balisés du genre, comme les samples creepy-fendards en guises d'intro, les riffs grind AOP (ça tournicote bien dès les premières mesures de Brain Filet), les toupa-toupas et autres rythmiques débilo-pachydermiques, l'ensemble est tout de même particulièrement bien emballé par des artisans soucieux de pondre des compos robustes, aux charmes certes un peu désuets, mais tellement préférables à ces productions tapageuses qui passent complètement à côté de l'essence du genre.
Metal moderne, rien à battre, je reste à la cave avec mes potos.
mercredi 21 juillet 2021
CHOKE - It's Hard To Talk Shit, With No Fucking Teeth
Choke, de Californie, ou toute la finesse d'un chanteur aux faux-air de Paul Bearer de Sheer Terror, délicatement posée sur un HC/PxV/grind qui ne s'embarrasse pas de la moindre subtilité.
Ce qui me surprend le plus, c'est que ça sonne très peu west coast... mais carrément de l'autre bord !
Alors c'est sûr, le chant n'y est pas pour rien dans cette orientation... mais globalement, il y a une noirceur continue qui suinte de chacune de ces compos. Et si on avait encore un doute, il n'y a qu'à voir qui ils ont choisi de reprendre à la fin de cet EP: Madball.
Quoiqu'il en soit, ça blast, ça mosh. Ça vous rentre dans le lard, et ça vous dérouille, sec et net.
Les gars de Choke crachent leurs tripes, et toute la haine qui y macérait depuis trop longtemps, manifestement.
Pour mon plus grand bonheur, et peut-être le votre !
mercredi 28 avril 2021
GRAVEOLENCE - Anthropomancy
Encore des joyeux drilles venus tout droit du Canada, avec la ferme intention de ne pas laisser l'herbe repousser après leur passage.
Graveolence donc, formé en 2014, est à la tête d'une demo et d'un split sortis respectivement en 2016 et 2018, et propose aujourd'hui un EP plutôt redoutable, offrant un death metal néandertalien carrément grind sur les bords, mais pas que.
En effet, une des forces de ces loustics, c'est une certaine versatilité, avec des passages bien plombés de chez plombés, boueux, qui vont s'enchainer avec d'autres plus hystériques, et accompagnés de riffs parfois assez barrés.
Ces enchainements, assez fulgurants, permettent de donner un certain relief à cet EP, ce qui est fort appréciable.
Il n'y a pas de bassiste dans cette formation... voila qui chagrine un peu l'amateur de cet instrument que je suis, mais cela donne un côté rêche à l'ensemble, qui colle bien au propos général.
Pour le reste on notera un growl de bête féroce, et une production puissante, redoutable, tout en restant naturelle.
dimanche 25 avril 2021
HOBOSTEW - Legend of the Infected & Product of Conception
Cela va faire des mois que je veux lâcher quelques mots sur Hobostew. Alors allons y !
C'est un quatuor originaire de Detroit et qui verse dans le grind mâtiné de quelques touches hardcore, voir beatdown.
Deux EPs à leur actif, Legend of the Infected en 2019, et Product of Conception en 2020.
Mettons les choses au clair: Hobostew ne réinventent pas la roue. Mais ils la font parfaitement bien mouliner.
Riffs accrocheurs, me renvoyant aux Napalm Death et Brutal Truth des anciens temps, avec quelques relents thrash ici, punk/hardcore là; des mosh parts et un groove salace, de courtes salves de blastbeats; et un growl assez varié, entre l'écorché vif et la porcasse de bon aloi.
Production plutôt puissante mais sale -à point, loin de certaines prod' aseptisées. Encore heureux quand on a choisi de s’appeler "ragoût de clodo".
On appréciera également une certaine dose d'humour (I'm Hardcore, Hobocop) sans que ça tourne au grind "Juste pour rire"©.
Product of Conception me semble présenter un poil plus de passages d'obédience beatdown, mais pour le reste, c'est deux solides EPs qui font le job sérieusement, et avec entrain.
jeudi 1 avril 2021
CADAVORACITY - Vitiosus Forma Exilium
NON-ASSISTANCE À CAISSE CLAIRE EN DANGER !
Et je pourrais en rester là. En plus, poisson d'avril, tout ça... Mais même pas (ou alors juste un peu).
En fait, qu'est-ce que vous voulez qu'on dise d'autre ?!
Allez-y, écoutez ce brutal death/grindgore parfaitement, et outrancièrement, débile, que nous offre ces Indonésiens... Vous ne comprenez rien aux riffs, ou pas grand chose ? Non, moi non plus. Mais on s'en carre en fait !
L'intérêt (?) est manifestement ailleurs, comme la Vérité, en d'autres temps.
Quoiqu'il en soit, chapeau bas les aminches, pour avoir quiché un nom en latin là-dessus.
mardi 30 mars 2021
INFECTED RELIGION - 2020
Bon sang, mais que ça fait du bien par où ça passe !
Si je suis plutôt client de toutes formes de grind, il est une frange de ce genre qui n'a pas eu beaucoup de solides représentants ces dernières années, c'est celle mâtiné de thrash incendiaire, influencé par les Repulsion, Slaughter, et compagnie.
Et bien réjouissez-vous, et surtout, jetez vous sur les divers enregistrements que le jeune groupe-homme-seul Infected Religion a publié depuis une bonne grosse année maintenant.
À commencer par ce 2020, un album bourré ras-la-gueule de riffs brise-nuques, façon production à la chaine. Ça défouraille à tout va, du beat keupon à volonté alterné de blasts des familles.
Primitif, suintant l'urgence la plus totale comme il se doit.
Coléreux aussi. Que ça vous décoche pour un rien des directs dans la mouille comme un Francis Begbie au meilleur de sa forme après quelques pintes de Guiness tiédasse.
Rooh, et puis jetez un coup d'nyeux aux paroles, notamment celles de Managers !
F.O.A.D. !!!
mercredi 3 mars 2021
VOYEUR - Primal Instinct
Voila un EP qui devrait mettre pas mal de monde d'accord !
Originaire de Chico, Californie, les petit gars de Voyeur jouent un death/grind qui n'a franchement pas grand chose à envier à quiconque.
Aidé par une production puissante mais naturelle et un mix équilibré (basse généreuse, growl d'affamé des cavernes...), le présent enregistrement me semble être un modèle d'efficacité dans le genre.
Pas de franches innovations, c'est certain... mais une véritable habileté à mettre en place des morceaux non-linéaires, avec des changements de tempo allant du plombé en fond de caveau au blast de fou furieux hystérique, en passant par du mid tempo groovy et du beat punk ad hoc.
En bref, c'est varié, bien agencé, et les riffs sont solides. Quelques leads de guitare sympas également.
De plus, il y a un genre de spectre qui hante les parties grind, et ce fantôme s'appelle Terrorizer. Le seul qui existe, celui de World Downfall bien entendu.
dimanche 21 février 2021
MIASMIC OOZE - Terrain of Inflamed Pustules
La quantité affolante de bonnes demos et EPs ces dernières années a de quoi donner le tournis. Littéralement: j'ai bien du mal à savoir où donner de la tête.
Je m'attarde cette fois-ci sur Miasmic Ooze, qui nous vient d'Alabama, et qui a sorti son premier effort début janvier.
Difficile de se louper avec un artwork pareil. Death/grind/gore ? Gagné.
Pendant presque 13 minutes, vous aurez droit à tout ce qu'on peut espérer de ce genre de fine dégueulasserie, et même plus.
Groove de goret lobotomisé, riffing vicieux, acide et corrosif, un peu à la manière d'un Pissgrave par moments (assez flagrant avec le riff qui ouvre le morceau Terrain of Inflamed Pustules, ou sur Liquid Congregation), tout ça pendant que la basse grésille dans les bas-fonds, comme il se doit.
Original ? Non, quelle idée !
Mais réalisé avec suffisamment de conviction dans la volonté de pulvériser son prochain, et ça, ça me suffit.

















