De loin, comme ça, ça pourrait ressembler à un énième ersatz. Le truc bien ficelé, dans les rails, mais qui ne fait pas long feu. Et puis... et puis les approches variées de chaque piste faisant toutes mouche, il faut bien se rendre à l'évidence: cet album claque, et a toutes les chances de continuer à tourner avant qu'on en ait bien cerné tous les aspects.
Réminiscences Smashing Pumpkins (rien que le début de Midnight Launderette, si c'est pas flagrant...), Mclusky, Sonic Youth en veux-tu, en voilà. D'autres trucs plus obviously post-punk/new wave.
Insolent ? Peut-être bien, mais tout semble si naturel, si facile, basique, immédiat... et en même temps l'ensemble est d'une richesse assez bluffante, et reste cohérent.
Tantôt fragile, tantôt roc (et rock, et pas qu'un peu).
Se ballade souvent au bord de la falaise, mais ne chute jamais.
vendredi 7 octobre 2022
SLEEPING WITCH & SATURN - The Divine Madness of Spring
vendredi 15 avril 2022
LAMENT - Demo
Il ne faudra plus rien attendre de ce groupe de raw black/punk/post-punk. Il n'est plus.
Une demo bien bath, et puis ils mettent les voiles. Même pas un petit gig, rien.
Pourtant je voyais ça d'ici, moi.
Avec leurs riffs qui sentent le renfermé, coincés depuis trente piges dans la cave d'un bar goth-metal (pire que feu la Tragedia, à Montpel' - pour les connaisseurs), bien macérés dans un jus nécro-déglingo-punk; leur chanteur bipolaire qui hésite probablement entre le suicide à la petite cuillère et l'espoir d'un Reinhard Heydrich nouveau pour sauver la patrie du communisme (ou est-ce l'inverse ?).
L'ambiance singulière, et selon vos goûts séduisante ou inversement, repoussante: ça sent un peu comme dans les pissotières moldaves* (pire que les chiottes à la turque)(non, en vrai j'en sais rien, mais ça sonne bien).
5h34 du matin: réveil dans un bar sordide de Prague, atmosphère rance, enfumée, la sono crachote un mélange indicible de heavy metal et de pop albanaise. En slip, couvert de gerbe et de sang. Là, le gros Janek, la peau huileuse et poilue, de la poudre blanche plein sa moustache, demande si tu aimes la confiture avec tes croissants.
"Voyagez, voyagez !" qu'y disaient !
*L'auteur nie formellement avoir déjà mis ne serait-ce qu'un orteil dans les dits établissements. En revanche il connait très bien les chiottes de restaurants-à-mariachis-pour-touristes au Mexique, mais c'est une autre histoire.
** L'auteur ne demandera pas pardon pour l'amoncellement de viles caricatures céans.
*** Allez écouter, je vous dit ! c'est vachement bien.
jeudi 31 mars 2022
PEACE VAULTS - Peace Vaults
Les sorties mêlant bm et punk/post-punk se multiplient ces dernières années, et comme d'hab' dans ces cas là, y a à boire et à manger.
La demo de Peace Vaults vaut franchement le détour pour celui qui goûte ce genre de sonorités. La production est quelque peu rachitique, crue, mais au poil pour le propos général.
Riffs tantôt désabusés, tantôt hargneux, quelques bidouilles électroniques de-ci de-là, une voix à la fois glaçante et remplie d’émotions, que cela soit sur les passage en clair, ou les vociférations de bête blessée.
Désabusée, meurtrie, mais assurément addictive. Ainsi est la musique de Peace Vaults.
mercredi 23 février 2022
SLIMY MEMBER - Ugly Songs For Ugly People
De Christian Death, je suis surtout fan du premier album. L'énergie punk et l'ambiance délétère, pernicieuse. Toi qui me lis, si tu partages le même sentiment, alors tu te dois de connaitre Slimy Member, et si ce n'est pas le cas je t'invite à réparer ta bévue de toute urgence.
Après une demo et un EP remarquables -et remarqués-, Ugly Songs For Ugly People, sorti en 2017, est un hommage sincère à la gloire de Only Theater of Pain, mais surtout au riffing d'un monsieur dont je porte le travail très haut dans mon estime, je veux évidemment parler de Rikk Agnew.
En effet, on trouvera ici de forts relents purement et sauvagement punks, réminiscences de Adolescents, ou même de D.I., cela ne fait pas l'ombre d'un doute.
Non. En fait, même si le deathrock/post-punk c'est pas ta came favorite, tu déconnes sévère si tu passes à côté sans essayer.
lundi 16 août 2021
ALTAR OF EDEN - Chimeras
Amis consommateurs de death rentre-dedans, de black haineux... et bien désolé, mais celui-ci ne sera pas pour vous.
Encore que... tentez l'aventure. Vous pourriez vous découvrir de nouveaux horizons... aussi sinistres, si ce n'est plus !
Atar of Eden, c'est un projet apparemment originaire du Texas, et qui joue un punk/post-punk... dark punk... new wave... cold wave... 'fin bon vous situez à peu près le truc.
Éminemment respectueux de ses illustres ainés qui ont engendré le genre à la fin des 70s/ début 80s, les individus qui œuvrent derrière font ici preuve d'un certain sens de la composition, simple, mais pas simpliste.
Peut-être encore un peu trop scolaire, mais tout de même grandement appréciable.
De cette bàr passée au phaser qui ouvre le premier morceau jusqu'à ces chants religieux qui clôturent, il se dégage un sentiment d'abandon, de résignation pleine d'amertume, et par la même, curieusement, l'apaisement vous envahi.
On en danserait presque. Moi, en tout cas, j'ai envie de danser, en écoutant la dévergondée Genesis, genre de croisement entre un riffing à la Dead Kennedys, et un emballage glacial et mortifère, façon Joy Division.
Plus globalement, il ne sera pas interdit de penser à Christian Death également.
La basse ici joue un rôle essentiel... déshabillée... des allures d'anorexique même... mais pourtant si belle ! C'est à elle que l'on doit ces lignes mélodiques totalement désabusées !
Et puis il y a le chant, lui aussi dans les canons du genre, plaintes et psalmodies funèbres à gogo.
En ces temps, de bon ton.
vendredi 9 avril 2021
SPEAR OF TEUTA - Spear of Teuta & Scorn
Spear of Teuta est un projet solo d'un croate dont on ne sait pas grand chose, et cela tombe bien, puisqu'on s'en fout de son background.
Je me répète, mais ce qui m'intéresse c'est l’œuvre, pas le bonhomme.
Si l'on commence à compter de nombreux groupes incorporant des influences post-punk dans leur black metal, je ne suis pas sûr d'avoir entendu, auparavant, cet accord aussi bien incarné.
Il fait beau dehors ? La végétation repart ?
Niet ! Tout faux ! En vérité, tout est gris. Couleur béton. Même les oiseaux. Même les arbres.
La misère. La vraie. Au sens étymologique. Détresse, désolation, peine, disgrâce, ennui. La totale.
Cette bàr est parfaite. Elle est grise, elle aussi.
Oh et puis cette basse... Tellement élégante dans ses tons sobres, se permettant occasionnellement de fausses sorties de route, comme pour faire croire qu'il y a encore de l'indomptable.
Curse the Roman Gods (Death Before Surrender) pour panégyrique de l'Humanité.
"Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain... éternellement." George Orwell, 1984.
samedi 23 janvier 2021
INVUNCHE - II
Lors de ma découverte d'Invunche, c'est l'artwork choisi qui m'a immédiatement interpellé.
Cette photo de bâtiment suinte le Mal.
Et il ne m'aura pas fallu 36 écoutes pour penser que cet album d'Invunche figure en bonne place parmi les découvertes les plus prenantes de ces dernières années. Oui, oui.
Ce projet emprunte au black metal, au punk, post-punk, mais aussi aux musiques traditionnelles d'Amérique du sud. Et le mieux, c'est que ça fonctionne, et pas qu'un peu !
C'est là une des forces d'Invunche: avoir réussi la symbiose entre chamanisme pré-colombien et architecture post-industrielle, grands espaces et bitume. Ou encore punk psychédélique et black metal possédé.
Un voyage, étrange, et inquiétant, tant cette possession semble hautement contagieuse...
Un voyage que je vous invite à tenter lors de vos prochaines pérégrinations nocturnes, à la lueur de la lune ou bien celle des néons. Saisissant.







