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lundi 27 février 2023

NEPHILIM'S NOOSE - Blood Chants of Impiety



Tu te souviens de la lame de fond death/doom 2021. Elle a laissé des traces.
Après un millésime 2022 parti à l'opposé avec ses nombreuses sorties grind à défriser les moutons de Mongolie, la ventilation orchestrée façon puzzle, se pourrait-il qu'on soit à nouveau plongé dans les abysses maudites, nappage goudron en sus ?  Rien n'est moins sûr, néanmoins ce second album des Canadiens de Nephilim's Noose devrait marquer les esprits, même les plus blasés.
C'est un amalgame infâme et impitoyable, maladif au possible, qui va bringuebaler ta carcasse sans ménagement. Tu souffriras les saccades de ces rituels franchement pas jojos auxquels tu as été convié... nope, maintenant que le sang et les fluides organiques te giclent au visage, il est trop tard pour reculer. Ne te reste plus que l'abandon, une chute qui semble interminable, en slow motion, les hurlements et vociférations de déments percent ta caboche, avant de te reprendre un assaut redoutable en plein poire, sans merci.
Empli d'une religiosité et d'une dévotion fanatique, cet album démontre un sens de la composition beaucoup plus fin que ce que les morceaux de bidoches sanguinolentes qui ornent cette fosse à purin pouvaient le laisser à penser.

mercredi 25 janvier 2023

SILURIAN - End of Ordovicia



Tu l'auras peut-être remarqué, je ne parle pas souvent de bidule tapant dans le "tech". La plupart des formations se réclamant de cette étiquette me pompant l'air, ou au mieux me laissant indifférent, forcément, pas de surprise.
Mais des exceptions, oui!  Et tu te doutes bien que Silurian en fait partie.
Ébouriffant, leur black/death à ces zozos là, qui, entre nous, n'en sont pas à leur première armes -je te laisse faire tes recherches. Un rien épico-mélancolico-frappa-dingue, notamment ces leads sur le fil, façon funambule, mieux vaut ne pas être sujet au vertige. 'Gaffe aussi aux riffs truffés de dissonances et tremolos, ça pique, et ça découpe sec. Et puis ces lignes de basse ondulant à l'avenant, l'instrument aurait sûrement mérité plus d'espace d'ailleurs.
Paye aussi tes changements de rythmes en veux-tu en voilà, toujours à propos. La classe.
La notion de perfection trouve rapidement ses limites en ce qui concerne l'Art, mais s'il fallait tout de même avoir ce genre de considérations, beh... on n'en est pas loin ici. Vivement la suite.

mardi 15 novembre 2022

DEPRAVEMENT - Depravement



Déjà auteurs d'une demo pas piquée des hannetons en 2019, ces quatre Finlandais persistent dans la même voie, celle d'un black/death rétrograde qui renverra régulièrement vers le vieux Beherit, entre autres.
Évidemment primitif, lancinant, parfois même rampant dans ses très nombreux mid-tempos, préparant ainsi le terrain pour les assauts barbares, blasts primaires et growls pestilentiels, à volonté.
Les riffs sont d'une simplicité biblique (oui, je blasphème), accompagnés de quelques tremolos AOP. Z'ont même ressorti le vieux synthé rincé sur l'intro de Ceremonial Void.
Et puis ils s'en vont, crapahutant, avec le vent mauvais.
En bref, sûrement des adeptes du courant de pensée engendré par l'éminent philosophe F. Cabrel: "C'était mieux avant".

lundi 29 août 2022

AXXMAXXIUS DEVASTRUKTOR - Blood Seeps Into the Black Earth



Oui rien que ça, avec quatre X. Excessif tu dis ? Non si peu.
Les enregistrements précédents m'avaient déjà interpellé, mais là c'est le niveau au-dessus.
Sorti au cours de cet été caniculaire, cet album a réussi le tour de force d'augmenter encore un peu la température ressentie. Le désert australien à 14h, c'est peanuts à côté.
Chaud-bouillant donc, mais pas que. Car la grande originalité (si, si) de la chose, c'est d'avoir mixé à ce death/black radical, dans la plus pure tradition du bled, des nappes de claviers hantés que l'on trouve d'ordinaire plus facilement chez les groupes de bm venu du grand froid. Tu vois le contraste improbable ? Et bien pourtant ça marche grave. Le chaud-froid infernal.
L'ensemble est sans concession, jusqu’au-boutiste, malveillant et résolument perché. Il aurait été impensable que je n'en parle pas.

jeudi 26 mai 2022

KVIĐRISTA - Demo MMXXII



Habituellement, le metal islandais et moi, c'est pas le grand amour.
Les trucs tarabiscotés pour dire qu'on fait du tarabiscoté, moi ça me scie les nerfs. Question de sensibilité, comme d'hab'. Bref.
Tout ça pour dire qu'avec leur petite demo qui semble presque être passée inaperçue, humblement ornée de ce simple logo blanc sur fond noir, ces Islandais là, sont presque parvenus à me faire oublier tout le mal que je pense de cette scène.
Bien plus abordable que la musique de leurs congénères, le black/death proposé ici possède toutefois quelques arguments autres que le simple tartinage bête et méchant. On trouve en effet un côté mélodique, du genre death/doom assez prononcé, qui ne sombre pas dans le mièvre, mais donne plutôt dans le langoureux, sinueux... avant de vous sauter sur le râble, de prendre possession de votre carcasse, et de provoquer un déhanchement lascif et symptomatique d'un groove irrésistible (Stál í hold).
Eh ! Z'êtes sûr que ce sont des Islandais ?

vendredi 20 mai 2022

CAVERNUS - Ápeiron



Le death cryptique, obscur. Et pas qu'un peu. Ce duo Mexicain n'a pas volé le patronyme qu'il s'est choisi.
Un son très naturel qui en rebutera probablement plus d'un, moi c'est tout le contraire, j'exulte.
Quoi de mieux pour ces riffs qui oscillent entre le modèle décérébré neurasthénique et le génie illuminé. Tout l'un, tout l'autre.
Et alors ces moments d'emballement soudain !  Dansant, complètement imprévus, qui repartent comme ils étaient arrivés, comme sur Black Magic Hell. Hein !? Et s'il y avait que sur celle-ci !  Parce que dans le genre sérieusement dérangé, La Noche Del Vampirio et ses incantations bancales et autres hululements sur riff heavy vintage, ça se pose là. Et je pourrais continuer de faire l'article en ce qui concerne Abraxas Kommando... Non, sérieusement, ce sont des malades.
Le frissonnant partout. Dans les tremolos, et même dans leur interlude acoustique au faux air innocent.
Étrange, inquiétant, retors. Et en plus la pochette déchire. Que demander de plus ?

mardi 30 novembre 2021

IRON CHAIR - The Demonstration



Une obscure masse nébuleuse et menaçante, d'abord diffuse, mais qui vous fera sombrer, puis suffoquer, lentement mais sûrement.
La malignité est ici évidente. En bon français: ça pue.
Ce black/death difforme est l'expression orchestrée du traquenard.
Entre bouffées d'hyperviolence bestiale, ce growl répugnant, et des hallucinations qui vous laisseront médusé, comme ces notes de guitares amplifiées en son clair à la façon de certains groupes de death/doom.
Il faut prendre le temps, jouer sur les émotions, souffler le chaud et le froid... ça serait dommage de gâcher toute cette bonne souffrance.
Acculé de toute part, la conclusion est inéluctable.
Prenez place, je vous prie.

mardi 12 octobre 2021

RITUAL CAIRN - Demo MMXX


 

Tellement de chouettes sorties en 2020, en particulier des demos/EPs, forcément certaines passent au travers des mailles du filet.
Comme cette sobre demo de Ritual Cairn.
Si vous êtes portés sur le doom/black/death, cette entité menée par un gus tout seul, basé à Seattle, pourrait vous intéresser.
Avec ce son étouffé, mais lisible, cette réverbe dans laquelle trempe tout le mix... il sera difficile de ne pas penser à une version death/doom antédiluvienne de Negative Plane... le goût pour ce son poussiéreux, comme d'un autre âge, mais aussi pour des riffs ayant un certain pouvoir ésotérique.
Les compos sont non-linéaires, les lignes de guitare naviguent entre passages accrocheurs et plutôt efficaces, et d'autres résolument plus sinueux.
La brutalité ou la lourdeur ne sont pas le propos ici, quand bien même, quelques soubresauts plus enlevés confèrent une bonne dynamique à l'ensemble (même si j'aurais peut-être apprécié plus de mordant, d'attaque, pour ces instants, côté prod')... non c'est ailleurs que ça se joue.
Un rituel primitif, un évident sentiment de désolation; et en même temps, l'évasion, hors d'ici, hors du temps.

lundi 9 août 2021

PROFANE DESECRATION - Abysmal Stillness



Il y a des albums que l'on sent bien dès la pochette, et celui-ci en fait évidemment partie.
Tout ce qu'on peut espérer après un rapide coup d’œil sur ce tourbillon de restes plus ou moins humains et décharnés, on va le trouver parfaitement orchestré par trois énergumènes du Massachussets, dont il semble que ce soit leur première œuvre, si l'on ne compte pas ce live rehearsal sorti l'année dernière, et composé des mêmes titres que l'album ici présent.
Je ne vais pas ergoter des heures dessus: les amateurs de black/death torturé doivent se jeter sur cet album si ce n'est pas déjà fait.
Blindé de riffs difformes et acides, crados, ceux-ci prennent bien souvent des allures plus alambiqués et techniques que ce qu'on pourrait imaginer de prime abord face à ce déluge de terreur primitive. Certains sont même porteurs d'embryons -avortés, of course- de mélodies.
Hystérique et maîtrisé à la fois... j'ai parfois pensé à un genre de métissage entre Morbid Angel, Immolation, et du black chaotique et hérissé de barbelés à la Katharsis... mais au diable le name dropping, chacun y trouvera les références qui sont les siennes.
Côté production, celle-ci se veut naturelle, rêche, bref, le parfait écrin pour une abomination de la sorte. Non mais écoutez moi cette basse gronder et racler dans les bas-fonds, ces guitares corrosives, cette batterie dont les assauts de caisse claire, légèrement en avant dans le mix, sont purement jouissifs !
Sauvage, haineux et sans compromis.
Mais qu'est-ce que vous faites encore là ?

lundi 2 août 2021

BUBONIC WRATH - The Hemorrhaging in the Womb of a Gutter


 

Il y a des fois on ne pige pas.
Pourquoi ce projet, initié en solo, aujourd'hui trio, ne semble pas trouver grâce aux yeux -et surtout aux oreilles- de la masse ?
Bon sang, cet EP, sorti en novembre 2018, mérite amplement qu'on s'y intéresse !  Surtout si vous êtes client de black/death/thrash dans son jus necro-punk, caustique et primitif,
Gavé ras la gueule de riffs bonnards, certes pas franchement novateurs, mais très loin d'être inoffensifs, pour certains un tantinet dissonants -sans excès ostentatoires-.
Des riffs qu'on retrouve dés-organisés au sein de compos aux structures pas dégueux, et agrémentés de soli chaotiques comme pas deux.
Il y a une énergie cathartique qui déborde de partout, un vociférateur qui n'est pas en reste... alors non, je vois pas bien pourquoi on continuerait de bouder plus longtemps Bubonic Wrath.
En espérant que le groupe nous propose bientôt une suite.


lundi 28 juin 2021

DEATHRITUAL - Through Siege And Attrition



Attention, voici une petite pépite de black/death underground.
Absolument sans pitié, aucune; occulte et féroce, que peut-on rêver de mieux ?!
Œuvre d'un groupe-homme-seul d'origine britannique, j'ai été immédiatement conquis par ce maelstrom bouillonnant et chaotique de haine pure et massive.
Seul truc qui aurait pu me chiffonner un peu , c'est la boite à rythme, mais elle est plutôt bien programmée, et sonne relativement naturelle... pour le reste... Aaargh !  ces riffs de guitare, tantôt purement destructeurs, tantôt portant des embryons de mélodies sinistres, me font un effet bœuf !
Et cette voix, ces hurlements ravageurs... difficile de ne pas faire de rapprochement avec celle d'un certain Roman Saenko.
D'ailleurs, dans l'ensemble... on pourrait aisément penser à une formule facile, du genre Hate Forest en plus death, pour présenter Deathritual.
Car on y retrouve pas mal de traits communs, pour ne pas dire empruntés... mais, à mon sens, ce serait une erreur de parler de copie... Forte influence, c'est indéniable, mais il y a là aussi une personnalité propre, dans la construction des morceaux, dans l'intervention de rares et fugaces traits de lumières que nous réservent certaines lignes de guitare lead, ici et là.
Quoiqu'il en soit, les amateurs du genre feraient bien d'y jeter leurs deux oreilles, fissa.

lundi 7 juin 2021

MORBID SPHERE - Demo I & II




Morbid Sphere est un projet composé de quatre membres issus de la scène New-Yorkaise, ayant déjà fait parler d'eux avec Ruin Lust, Vanum, ou Yellow Eyes.
On trouvera d'ailleurs dans la musique de cette nouvelle entité quelques similitudes par ci, par là, avec les groupes précités.
Servi par un son naturel, très légèrement étouffé, c'est un black/death alambiqué, tour à tour opaque, caverneux, cryptique, ou stellaire... beaucoup de riffs à arpèges plus tordus et malveillants les uns que les autres.
Il est toujours un peu difficile de se retrouver dans ce maelström bouillonnant, et c'est bien la volonté du groupe: vous perdre.
Ils prennent un malin plaisir à ne jamais trop répéter leurs riffs et thèmes, particulièrement sur la deuxième demo.
Parfois ce genre de morceaux me passent largement au-dessus... mais allez savoir pourquoi, ici, les compos parviennent à me saisir par leurs tentacules, m'entrainant dans cette quête onirique malsaine, dans ces rituels d'un autre monde.

vendredi 12 mars 2021

NEXWOMB - Exegesis of Nihility

 


Amis de la Géhenne, bonjour.
Nexwomb est un groupe constitué de 2 membres, originaires de Portland, Oregon, berceau de toute une flopée de nouveaux projets de death vindicatif ces dernières années.
Peut-on vraiment dire qu'ils appartiennent à cette toute jeune garde, le projet étant né en 2009 ?  'Pas certain, mais n'ayant sorti qu'une demo et un split en 2011, avant le présent album en 2019... on va dire que ça se discute.
Cela fait quelques temps que je garde sous le coude mon baratin concernant ce Exegesis of Nihility. La faute, peut-être, à un paradoxe.
Dans la catégorie black/death étouffé, et étouffant, opaque, "maelströmique", les gars de Nexwomb se posent là. La production, moite, riche en compression, n'y est pas étrangère, c'est certain.
Évidemment, les compositions ont aussi leur part dans cette impression... et dans ce style par essence inamical, malgré quelques riffs plutôt mélodiques dans leur genre, difficile de faire plus hermétique en apparence... à part Ignivomous sûrement. Encore que... je me dis qu'on entrevoit par instants la lumière avec les australiens. Tandis qu'ici, les ténèbres dominent.
Et à y réfléchir, il n'y a bien que des adeptes de l'apnée en bain de goudron qui ne seront pas dépaysés.
J'en viens finalement au paradoxe évoqué plus haut: malgré tout ça, cet album glisse tout seul. Facile. Trop facile ?  C'est bien ce qui me chiffonnait au début... mais non.
En résumé: blafard, mais addictif.

lundi 11 janvier 2021

HERXHEIM - Incised Arrival

Sournois, sale et rétrograde.
Voilà ce qui qualifie le mieux Incised Arrival, premier album d'Herxheim.
Pour ceux qui n'auraient pas fait leurs devoirs, il s'agit du nouveau projet de Brungard, loin d'être un bleu, puisqu'il était la moitié de Howls Of Ebb.
Cet album fait suite à l'excellente demo sortie en 2019, et en est le prolongement direct.
De même, il ne sera pas difficile de voir le lien de parenté avec l'ancienne entité du sieur sus-nommé, que cela soit au niveau des riffs ou des structures.
À ceci près qu'Herxheim semble avoir pour objectif de revenir au cœur essentiel. Profond.
Loin, tout en bas de cette fosse malodorante où grouillait, encore difformes et entremêlés, le Black, le Death, et le Doom, à la fin des années 80.
Pourtant, ce n'est pas un énième groupe qui joue vulgairement sur la nostalgie pour aguicher le client. Non. Il est bien de son époque, dans son époque. Il en est un digne éclat de miroir.
A vous de voir si vous allez vous pencher au-dessus, et admirer l'abîme... Gare aux glissades.