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mercredi 1 février 2023

HAUNTER - Black Masses at Midnight​.​.​.


 

C'est du black/punk acidulé version maison hantée de fête foraine, Halloween, tête de citrouille, et compagnie. Mais y-a-t-il plus que ça ?  Car, aussi sympatoche que soit cette primo description, ça a potentiellement tout l'air du truc qui reste en surface, aussitôt écouté, aussitôt oublié.
D'autant que dans le genre, on peut penser à des gros balèzes du genre Gabestok (ouh que je l'attends, leur prochain LP à ceux-là !). Haunter est moins catchy, moins fou également... mais alors bon sang, pourquoi-que-c'est-y-qu'j'y-reviens ?!  Il faut croire que leur compos faussement simplistes, les sonorités de guitares synthétiques, en harmonie avec les nappes de clavier, les riffs tantôt punk, tantôt heavy, les leads qu'en finissent plus de vibrer, la basse sobre mais présente, un beugleur convaincant... tout cela forme un tout qui, contre toute attente, a réussi à creuser modestement son petit nid dans un coin de ma caboche.
Superficiel et léger ?  Peut-être bien, oui... à voire sur un plus long terme. Mais, même s'il ne s'agit que d'un modeste amuse-gueule, ne te prive pas, de toute façon on est tous simplement de passage, ici-bas.

vendredi 14 octobre 2022

КАЛАНДАР - Домок о шести досок



Sorti il y a près d'un an maintenant, voici un album de black/punk particulièrement abrasif.
Le larsen qui te vrille le tympan d'entrée... ok, t'as vu où t'as posé les esgourdes.
Les autochtones t'ont alpagué. Mais qu'est-ce que t'es venu trainer tes schlaps dans la zone ?
Ici, ça ne minaude pas. On te tombe sur le râble, dru. T'auras pas le temps de moufter que déjà l'atmosphère irrespirable, l'odeur de pneus brulés, et les relents de pisse, te feront suffoquer. Étourdi, tu ne verras même pas pleuvoir les premiers coups.
Ces Russes sont intransigeants certes, mais pas complètement sans nuance (pas complètement j'ai dit). Ils s'y connaissent aussi en torture psychologique primaire, allant presque jusqu'à t'aider à te relever, avant de te balancer un glaviot en pleine face, et de reprendre de plus belle la correction.
Toupa-Toupa et Patou-Patou au pays merveilleux de Poutine. Original, sûrement pas. Mais ce qui compte ici n'est pas tant le "quoi", que le "comment".

vendredi 17 juin 2022

OTRAS - Cintorín Blues

 


Des albums, EPs, ou demos de black/punk, ces dernières années, il en sort treize à la douzaine, presque tous les jours.
Nécessairement, ça peut finir par lasser, surtout s'il n'y a aucune valeur ajoutée. Ce qui, bien entendu, n'est pas le cas d'Otras et de son EP Cintorín Blues, beaucoup plus profond et riche que ce qu'une première écoute superficielle pourra révéler: j'ai pas été loin de le regarder de haut et de me dire: oarff, sympa mais déjà vu (et surtout entendu^^).
Il y a la hargne primaire, l'envie incoercible de tout décheniller, cela va sans dire, contrebalancée par un sens certain de la composition et de la dynamique, incarné par des breaks idéalement placés et des changements de tempi multiples (raaah ces blasts cradingues et impitoyables !); mais aussi, une ambiance noir c'est noir peu commune.
Autres motifs de réjouissance: la basse obèse et over-saturée (elle et la guitare se tirent grave la bourre), et surtout, ce "chanteur" aux cordes vocales délicatement travaillées au papier de verre, qualité gros grain.
La capacité à réunir ultra-violence et un certain genre de raffinement (Oui. Toute proportion gardée, bien entendu) n'est pas donnée à n'importe quels clampins.
Assez flippant cet EP, pour tout dire.

vendredi 15 avril 2022

LAMENT - Demo


 

Il ne faudra plus rien attendre de ce groupe de raw black/punk/post-punk. Il n'est plus.
Une demo bien bath, et puis ils mettent les voiles. Même pas un petit gig, rien.
Pourtant je voyais ça d'ici, moi.
Avec leurs riffs qui sentent le renfermé, coincés depuis trente piges dans la cave d'un bar goth-metal (pire que feu la Tragedia, à Montpel' - pour les connaisseurs), bien macérés dans un jus nécro-déglingo-punk; leur chanteur bipolaire qui hésite probablement entre le suicide à la petite cuillère et l'espoir d'un Reinhard Heydrich nouveau pour sauver la patrie du communisme (ou est-ce l'inverse ?).
L'ambiance singulière, et selon vos goûts séduisante ou inversement, repoussante: ça sent un peu comme dans les pissotières moldaves* (pire que les chiottes à la turque)(non, en vrai j'en sais rien, mais ça sonne bien).
5h34 du matin: réveil dans un bar sordide de Prague, atmosphère rance, enfumée, la sono crachote un mélange indicible de heavy metal et de pop albanaise. En slip, couvert de gerbe et de sang. Là, le gros Janek, la peau huileuse et poilue, de la poudre blanche plein sa moustache, demande si tu aimes la confiture avec tes croissants.
"Voyagez, voyagez !" qu'y disaient !

*L'auteur nie formellement avoir déjà mis ne serait-ce qu'un orteil dans les dits établissements. En revanche il connait très bien les chiottes de restaurants-à-mariachis-pour-touristes au Mexique, mais c'est une autre histoire.
** L'auteur ne demandera pas pardon pour l'amoncellement de viles caricatures céans. 

*** Allez écouter, je vous dit !  c'est vachement bien.

jeudi 31 mars 2022

PEACE VAULTS - Peace Vaults



Les sorties mêlant bm et punk/post-punk se multiplient ces dernières années, et comme d'hab' dans ces cas là, y a à boire et à manger.
La demo de Peace Vaults vaut franchement le détour pour celui qui goûte ce genre de sonorités. La production est quelque peu rachitique, crue, mais au poil pour le propos général.
Riffs tantôt désabusés, tantôt hargneux, quelques bidouilles électroniques de-ci de-là, une voix à la fois glaçante et remplie d’émotions, que cela soit sur les passage en clair, ou les vociférations de bête blessée.
Désabusée, meurtrie, mais assurément addictive. Ainsi est la musique de Peace Vaults.

mardi 15 mars 2022

MORTSAFE - Exit Womb, Enter Death



Mortsafe nous vient du Royaume-Uni, et donne dans un black/punk vindicatif, mais non dénué de mélodies accrocheuses, en évitant de glisser dans la guimauve.
C'est même plutôt abrasif, corrosif, énergique sur les morceaux les plus expéditifs (toutes proportions gardées, c'est pas du grindcore).
Mais là où Mortsafe démontre un talent de composition certain, c'est sur les morceaux un chouïa plus longs, Said and Done, et A Mourning, avec une assez grande variété du propos, passant de séquences rampantes, étouffantes, à deux doigts d'être potentiellement qualifiées de ritualistes, voire même d'ambient, et de mid-tempos carrément hardcore.
Peut-être pas incontournable, certes. Néanmoins la versatilité de l'ensemble de cette demo devrait tout de même interpeller, et mener à garder un œil et une oreille sur la suite des évènements.

dimanche 21 novembre 2021

SOLITARY KEY - Sulphosfurous


 

Il y a des moments pour tout.
Pour la beauté, pour les œuvres chiadées, fignolées avec soin, mais aussi pour les gros pavés dans la mare qui éclaboussent et en foutent partout.
Leech, l'individu responsable d'Akasha (Vual également) avait offert, en compagnie de deux sombres acolytes, une chouette demo au cours de l'été 2018. Une demo qui ne fait pas dans le détail, vous l'aurez compris.
Un genre de black metal abâtardi de rock occulte et décadent, baignant dans un jus necropunk infernal, opaque, où les riffs rétrogrades à trois notes et le clavier asthmatique complètement rincé n'auront d'égal que la production famélique, supplément souffle et réverbe poussiéreuse, qui emballe le tout.
Glauque, malintentionné, et craspec à souhait. Évidemment j'aime.

mercredi 16 juin 2021

RITUAL INSCRIPTION - Ritual Inscription



Sortie fin novembre 2020, il s'agit de la première demo de ce jeune groupe-homme-seul en provenance du Massachusetts.
Il offre un black metal aux forts relents punk -entre autres-, et à la production adéquate, c'est à dire sale. Ça grésille et croustille à volonté.
Alors que de prime abord, cela ressemble fort à un chaos inextricable, un boxon infernal, il serait dommage de ne pas persévérer. Car derrière ces apparences se cache la proverbiale et substantifique moelle qui donne tout son intérêt à ce genre de production un tant soit peu confidentielle.
Sournois, insidieux, ces morceaux aux structures moins niaises qu'il n'y parait recèlent d'assez nombreux changements de tempi et séquences, tous plutôt biens sentis, comme ce riff thrash/speed/punk qui déboule assez vite sur Scrying Visions of Agony, ou bien celui qui arrive sur le tard de Ritual Inscription, ou bien encore cet autre riff what-the-fuck au cœur de Liminal & Luminous. Petite mention aussi à ces solos de guitare zéro, comme celui de Lost in Labyrinthine Delusion.
En somme, un black/punk bâtard et cru, et un tant soit peu tarabiscoté. Cela ne pouvait que me plaire.
J'attends la suite avec impatience.

samedi 1 mai 2021

GABESTOK - Én gang rådden, altid rådden

 


Le Danemark a du talent, épisode 8523.
J'exagère à peine.
Gabestok est un duo qui a sorti sa première demo en 2015, puis une seconde en 2018. Premier album en 2019, et un EP en 2020.
Et les revoilà avec ce Én gang rådden, altid rådden (Une fois pourri, toujours pourri), orné de cet artwork pour le moins bucolique !
Ces gus-là jouent un genre de garage black/punk assez décadent, mais aussi fun, grandiloquent, avec force de claviers, et surtout, qui se moque pas mal des conventions. On retrouve même des éléments heavy metal de ci, de là, à commencer par ce chant sur la première piste, ultra haut-perché, hommage assez évident à leur King Diamond national.
A l'écoute de cet album, j'ai parfois un peu l'impression d'être monté dans un de ces trains fantôme de fête foraine bon marché, qui, inopinément, aurait déraillé, et aurait ainsi plongé de plus en plus profondément dans une dimension parallèle, un monde des morts à la Beetlejuice... comique donc... mais aussi ce qu'il faut de dérangeant.
Et à vrai dire, plus on s'y enfonce, et moins on a envie de rigoler. Les structures qui étaient au départ éminemment lisibles, presque inoffensives, prennent au fur et à mesure un malin plaisir à vous perdre. La désorientation se fait progressivement, en douceur... quand vous commencerez à vous dire "Bordel !  Bon sang, mais où suis-je ?!", il sera déjà trop tard. Pris au piège.
Inutile de lutter. Acceptez.
Gabestok fait partie de vous, et vous de lui. Vous verrez. Et on y est bien.
S'il vous fallait encore une preuve supplémentaire, qu'au final, la mort est cosy.

vendredi 9 avril 2021

SPEAR OF TEUTA - Spear of Teuta & Scorn



Spear of Teuta est un projet solo d'un croate dont on ne sait pas grand chose, et cela tombe bien, puisqu'on s'en fout de son background.
Je me répète, mais ce qui m'intéresse c'est l’œuvre, pas le bonhomme.
Si l'on commence à compter de nombreux groupes incorporant des influences post-punk dans leur black metal, je ne suis pas sûr d'avoir entendu, auparavant, cet accord aussi bien incarné.
Il fait beau dehors ?  La végétation repart ?
Niet ! Tout faux !  En vérité, tout est gris. Couleur béton. Même les oiseaux. Même les arbres.
La misère. La vraie. Au sens étymologique. Détresse, désolation, peine, disgrâce, ennui. La totale.
Cette bàr est parfaite. Elle est grise, elle aussi.
Oh et puis cette basse... Tellement élégante dans ses tons sobres, se permettant occasionnellement de fausses sorties de route, comme pour faire croire qu'il y a encore de l'indomptable.
Curse the Roman Gods (Death Before Surrender) pour panégyrique de l'Humanité.
"Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain... éternellement." George Orwell, 1984.

vendredi 5 février 2021

STIKKERSVIN - Kælderens Barn


 

ATTENTION: TUERIE !!!!

Oui, j'y vais franco dans le préambule racoleur. Un de mes premiers coup de cœur instantané de 2021.
Stikkersvin (composé de membres de Quitters, excellent combo sludge/punk) pratique un black/punk particulièrement frappadingue.
Entre, le chant qui navigue de déclamations pleines d'emphase toute nordique, à des vociférations plus traditionnelles, mais toutes autant hallucinées; les riffs qui s'amusent à brouiller les cartes: enchainements à 3 accords bien rétrogrades et parties épiques jubilatoires, arpèges déchirant -et déchirés-; une basse qui régale discret, le chaos insidieux... Et bien entre tout ça, 'pas certain d'avoir entendu un truc à ce point possédé, grandiloquent autant que décadent, élémentairement fou, depuis... pfff... un certain Maranatha ?
Oui, je m'enflamme peut-être... Et puis ici on est sur une demo. Pourtant il y a de ça... un genre de rejeton illégitime de Reveal! et Funeral Mist, en somme.   
Sceptiques ? Attendez d'avoir écouté Kælderens Barn/Jeg Tilgiver Dig Aldrig (littéralement: les enfants du sous-sol/je ne te pardonne jamais), la pire de ces dingueries. Entendez la meilleure. Hurlements de possédé lycanthrope. Structures à tiroir façon "Toi aussi, vit dans la peau d'un aliéné".
Finalement, une seule question se pose: est ce que les autorités danoises sont au courant du nombre de dangereux psychopathes en liberté qui sévissent dans leur contrée ?