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dimanche 30 avril 2023

DOOM BEACH - Copperhead



Je me demande bien pourquoi j'ai pas déjà lâché un mot pour Doom Beach. Enfin, je l'ai fait, comme ça, en passant, ailleurs, à l'une ou l'autre de mes connaissances... mais pas ici.
C'est un tort. Limite impardonnable. Car pour celui qui éprouve un quelconque intérêt pour la scène noise/hardcore, ce Copperhead est un must.
Aucune chance d'en réchapper. Harcelé, concassé, broyé... ouaip tout ça. Le sludge-hardcore-noise-post-mes-genoux des deux gaillards de Doom Beach ne te laissera aucun répit. La béchamel infernale, tête la première dans la sauce aigre-pas-doux mon petit pote.
Et avec élégance en sus. Une classe qui ne peut être ignorée, l'état de grâce atteint au milieu des décombres. Comme une évidence. Le lotus, tout ça.

mercredi 12 octobre 2022

OLD TOMB - Phantom Hour

 


Même si c'est l'année du grind, 'faudrait pas oublier ceux qui aiment prendre leur temps, glisser au milieu de la vase, fluide, mais pas trop... Visqueux.
Les Slovaques d'Old Tomb en sont. Et ils aiment ça, les obscènes.
Oui, obscènes, car démontrer de façon aussi ostentatoire que l'on se balade comme si de rien n'était du sludge le plus infect, écume aux lèvres, au doom contemplatif -pour ne pas dire catatonique-, en passant (un peu) par le heavy massif et pas commode, pour finalement remuer lascivement du croupion sur un groove de lobotomisé-à-l'hydroponique, c'en est franchement indécent.
Parce que de surcroît, ça ne se contente pas de te coller les trucs les uns derrière les autres, au petit hasard, et de serrer les fesses pour que ça ressemble à quelque chose. Surtout pas. Ici on est sans cesse cueilli par la qualité des changements de séquences.
Y a bien que le nom qu'ils se sont trouvés que je trouve un peu rincé, mais pour le reste: à écouter (non sans déc'?) et à suivre de près.

jeudi 30 juin 2022

BAT SACRIFICE - Infected Sorcery

 


Bat Sacrifice, sous ses allures toutes rodées, c'est quand même un peu un omni. Si, un peu quand même.
Composé par des vétérans de la scène de Cleveland, Ohio (Fistula, Innoculation, et j'en passe), sorti sur un label orienté death et grind, autant dire tout de suite que le contenu de ce EP balaye bien plus large que ça... et, pour être honnête, ça balaye surtout "à côté", puisque ce que j'entends n'est pas tellement death, ni grind. Ça serait plutôt doom, sludge, hardcore, bien bordélique et noise sur les bords. En gros: z'ont pas franchement l'intention de te faciliter la tâche si tu tiens à tout prix à les faire rentrer dans une case.
Des guitares et des "soli" complètement nawak/anti-guitar-hero qui insufflent un sentiment de chaos et une tension palpable de longue. Une mauvaise humeur permanente... ah 'sont pas amicaux les bougres... et tant mieux !  En particulier, le "chant" qui n'en est pas véritablement un: le gus crache juste sa bile infecte, invective à tout va. Mais alors il le fait rudement bien.
La b.o. idéale pour celles et ceux qui ruminent et ronchonnent face à un monde et une société qui réussit le tour de force d'être chaque jour plus absurde.

vendredi 11 février 2022

KURITARVITAJA - Descent Into Depression



Si ça dérange pas, restons en Finlande.
Premier album d'un mélange death'n'roll/crust/sludge (eux prétendent jouer du "abusecore") qui m'a bien tapé dans le mille dès le premier contact, et qui continue à faire mouche écoutes après écoutes.
Le toupa-toupa qui a le démon, la caisse claire qui régale tout autant que son tortionnaire, les ambiances déprimées bien épaisses induites par des compos variées dans leur ensemble et solidement campées, les riffs de ces deux guitares qui vous poncent les conduits auditifs aux gros grain, les chants de cintrés féroces, gueulard-en-chef et ses acolytes, tous plus gratinés les uns que les autres...  'pas de doute, voici un de mes premiers coups-de-cœur en 2022.

dimanche 28 mars 2021

VOIDOATH - Illumination Through Necromancy

 


Il y a de ça encore quelques années, j'aurais été incapable de citer un seul nom de groupe issu de la scène du Costa Rica. Sûrement parce que la scène en question n'est pas la plus épaisse qui soit, encore que, la musique-qui-pique est présente sur tout le continent américain... mais je pense aussi que je n'avais pas encore suffisamment fouiné de ce côté là.
Qu'importe. Depuis, quelques entités ont pu émerger et rencontrer un relatif succès, on pensera à Bloodsoaked Necrovoid, Astriferous, ou encore Umbra Conscientia (tous ces groupes partagent un ou deux membres communs).
Aujourd'hui, je souhaite mettre en avant un groupe qui ne semble pas encore avoir beaucoup dépassé les frontières de son pays natal, mais qui pourtant recèle nombre de qualités. VoidOath, jeune quatuor qui n'a pour l'heure que cet EP sorti en 2020 à son actif, devrait susciter l'intérêt de ceux qui se délectent de sludge, doom et de death abyssal.
Autant le dire franchement, dans le genre abordé ici, Illumination Through Necromancy se révèle être une petite pépite. Tout dans les riffs -et les compos-, rien dans la frime.
Loin d'être dans la veine gros-balourd-imbibé-en-plein-delirium-tremens, cet EP se révèle très fin, je parlerais même d'une sensibilité à fleur de peau, comme ce passage au deux tiers de Begetter of Swelling Ache
, ces accords de guitare non-saturée qui fleurent bon le lâché prise, l'abandon... oui, sensibilité (et pas sensiblerie)... même chez des adeptes de la musique plombée... Paradoxal ?  Évidemment !  Et c'est tout l'intérêt de la chose d'ailleurs.
Comme ces chants, l'un growlé d'outre-tombe, et l'autre, presque clair, désespéré...
On sombre ainsi dans ce vortex de l'oubli. On ne lutte pas car c'est inutile, et on passe au travers... âme compressée, torturée, déchiquetée... et puis, de l'autre côté... Résignation ?  Confusion ?
Révélation ?  Oui, un peu tout ça...
Le genre d'expérience qui ne se pratique pas sans y laisser des plumes, vous êtes prévenus.

jeudi 25 février 2021

BETHMOORA - Thresholds


 

Ces derniers temps, je me suis penché sur la scène danoise. Probable séquelle du passage de la tornade Stikkersvin.
Si je connaissais relativement bien la pléthore de formations de qualité œuvrant dans le death, j'avoue volontiers que pour le reste, je pataugeais dans l'ignorance crasse.
En quelques jours d'investigations de cette scène bouillonnante, j'ai pris cher, et mon larfeuille également.
Et parmi des formations toutes plus recommandables les unes que les autres, les amateurs de sludge/doom ont tout intérêt à jeter leurs dévolu sur Bethmoora, si ce n'est pas déjà fait.
Auteurs d'une demo en 2016, et d'un split avec Dorre la même année, Thresholds, sorti en 2020, est leur premier LP. Quatre pistes, dans les 10 minutes ou plus chacune. Rien de paranormal ici.
Mais là où se distingue Bethmoora, c'est qu'il se passe réellement quelque chose dans la progression des morceaux. Quand pas mal d'autres projets dans le ton me paraissent parfois d'un ennui mortel, tant ils prennent un malin plaisir à répéter ad nauseam le même motif, qu'on les croirait atteints de neurasthénie aigüe.                                 Pas de ça ici. On a même droit à quelques accélérations savamment placées, histoire de terrasser ceux qui n'auraient pas déjà sombré, lentement aspirés au fin-fond d'un trou noir des âmes.
Reprenant à son compte un credo déjà observé par un Khanate, ou plus proche, un Cult Of Occult, d'aucuns pourraient regretter que Bethmoora ne propose rien de révolutionnaire.
C'est vrai, mais ce n'est pas mon cas. Parce que c'est joué juste, et relativement finement, eu égard au genre.