Parmi le flot incessant des demos qui sortent chaque jour, permettez-moi de vous présenter celle de Gulguhk, nouvelle entité québécoise.
Vous pourrirez tous... comme ça on est fixé... évidemment les plus clairvoyants d'entre vous l'ont déjà compris, il s'agit de black metal.
Un black plutôt racé, élégant, riche en mélodies, assez proche d'une partie de la scène française actuelle, mais qui n'est pas non plus sans me faire penser à une version plus primitive de certaines productions d'Ifernach, que ce soit ces riffs pleins d'allant, fresques dentelées, cette production crue mais parfaitement lisible, et même ce chant sauvage.
L'amertume, et le mépris, suintent par les pores de ces quatre compositions désabusées, qui au-delà de leur caractère très classique, sont parvenues sans aucune difficulté à me toucher en plein cœur, et ce dés les premières secondes de notre rencontre.
Je vous l'écrit souvent, on s'en cogne du, ou des, gus à l’œuvre. Néanmoins, cela semble assez clair qu'il s'agit de la création d'une seule et unique talentueuse personne... et si ce n'est Finian Patraic, c'est donc son -jeune- frère.
samedi 23 octobre 2021
GULGUHK - Vous pourrirez tous...
mardi 19 octobre 2021
CHAOTIC INJUSTICE - Demo 2021
Trois titres, dix minutes à peine, et puis s'en va.
Non, ne partez pas vous aussi, ça serait dommage de passer à côté de cette petite demo.
Surtout si vous aimez le thrash US, et que vous ne crachez pas sur quelques légers relents épars de Cro-Mags, voire Suicidal Tendencies.
La balance penche tout de même fortement du côté thrash de la force. Les premiers Exodus, Testament, mais aussi Coroner.
Les riffs sont un poil plus travaillés que de simples assauts bas-du-front de troisième division, sans pour autant tomber dans le pompeux et rasoir, loin s'en faut.
Il y a la fougue, le dynamisme, essentiels au genre. 'Pas de chichi, du direct dans ta face. Une efficacité assez redoutable.
Des breaks et refrains plutôt accrocheurs (Population Control !!), des soli plutôt inspirés... Et une prod' sobre mais suffisamment abrasive, dans les canons des sorties début/mi 80s, signée par un certain C. Koryn (ce Charlie, quel stakhanoviste).
Il n'y a bien que le côté "trop court" de l'ensemble qu'on pourrait reprocher... Une bonne occasion d'abuser de la fonction "repeat".
mardi 12 octobre 2021
RITUAL CAIRN - Demo MMXX
Tellement de chouettes sorties en 2020, en particulier des demos/EPs, forcément certaines passent au travers des mailles du filet.
Comme cette sobre demo de Ritual Cairn.
Si vous êtes portés sur le doom/black/death, cette entité menée par un gus tout seul, basé à Seattle, pourrait vous intéresser.
Avec ce son étouffé, mais lisible, cette réverbe dans laquelle trempe tout le mix... il sera difficile de ne pas penser à une version death/doom antédiluvienne de Negative Plane... le goût pour ce son poussiéreux, comme d'un autre âge, mais aussi pour des riffs ayant un certain pouvoir ésotérique.
Les compos sont non-linéaires, les lignes de guitare naviguent entre passages accrocheurs et plutôt efficaces, et d'autres résolument plus sinueux.
La brutalité ou la lourdeur ne sont pas le propos ici, quand bien même, quelques soubresauts plus enlevés confèrent une bonne dynamique à l'ensemble (même si j'aurais peut-être apprécié plus de mordant, d'attaque, pour ces instants, côté prod')... non c'est ailleurs que ça se joue.
Un rituel primitif, un évident sentiment de désolation; et en même temps, l'évasion, hors d'ici, hors du temps.
jeudi 7 octobre 2021
CERES - Tyrant's Rise
'Serait-y pas là, le EP de l'année, en matière de heavy ?
Personnellement, pas d'hésitation.
Des compos comme ça, ça fait mouche instantanément, et ça vous squatte le cigare pendant un certain temps.
Riffs ciselés et efficaces, basse bien présente, section rythmique au poil, sobre, des soli inspirés, et un chant qui s'aventure sans dérapages dans un registre assez haut perché.
Über-classique c'est sûr... mais est-ce qu'on souhaite vraiment des innovations en matière de heavy ? J'en doute.
Fruit d'un duo, dont un multi-instrumentiste, membre, entre autres, d'Impure, ex-zikos live pour Amulet et Negative Plane, et le chanteur/claviériste dont il semble que ça soit le premier essai même si j'ai du mal à le croire... je puis assurer que je vais guetter la suite avec grand intérêt, et je devrais pas être seul.
dimanche 3 octobre 2021
BARBARIKVLT - Visions of an Arcane Wisdom
En provenance du Chili (définitivement un faible pour la scène de ce pays), Barbarikvlt (orthographié tantôt avec un u, tantôt avec un v) n'en est pas à son coup d'essai.
Déjà deux demos (2011, 2014), un album (2015), le EP ici présent (2018), et un album sorti l'année dernière. Vous vous demanderez peut-être pourquoi parler de ce EP et pas du dernier longue durée. Et bien tout simplement parce que je n'ai pas été foutu de trouver une seule source pour écouter ce dernier, hormis deux extraits. Oui c'est un phénomène rare de nos jours, où d'ordinaire, la plus obscure demo se retrouve en un clin d’œil sur la toile.
C'est même pour cette raison que je n'ai pas parlé du groupe avant, j'espérais pouvoir accéder à l'album, mais tant pis, on va se contenter de ce qu'on a, car il y a déjà de quoi faire.
Clairement destiné aux aficionados du death metal blasphémateur à la Immolation, Incantation, il ne faudra pas s'attendre à de grandes innovations. Aucune même.
Mais pour ce qui est de vous avoiner le citron à coup de riffs destructeurs et de blasts déchainés (rhaaaa cette caisse claire !), pardon !! Ces gars-là, et surtout leurs compos, devraient avoir tout pour vous plaire.
De plus les morceaux sont plutôt bien construits, laissant la place à quelques breaks bien placés, quelques subtilités (si, si) appréciables. Une ambiance particulièrement malsaine et dégueulasse suinte tout au long de ces cinq morceaux.
Comme moi, vous vous acharnerez peut-être à essayer de trouver un peu plus à vous mettre sous les esgourdes, et vous tomberez assez facilement sur leur premier album évoqué plus haut. Autant vous prévenir de suite, j'ai trouvé cet album assez chiant... c'est le même registre, mais allez savoir pourquoi, la mayonnaise ne prends pas. Bon, du coup c'est plus sympa dans ce sens que dans l'autre, comme évolution, mais ça me laisse d'autant plus rageur de ne pouvoir écouter ce maudit deuxième album introuvable.
Un jour, peut-être.
jeudi 30 septembre 2021
DECAYING CRYPT - DEMO MMXXI
Ooooh, une demo de death/doom vieille école, hashtags: rampant, puant, toxique.... comme ça faisait longtemps !
Blague à part, je suis évidemment conscient qu'on est pas sur une denrée rare ces dernières années. Toutefois, au milieu de la masse grouillante, quelques projets parviennent à titiller ma curiosité, et Decaying Crypt en fait indéniablement partie.
Pourtant on peut difficilement faire plus classique. Mais c'est mené avec forte conviction, que ce soit les riffs décrépis et menaçants, les assauts du batteur, qui offre un jeu assez varié sous des apparences relativement feutrées, ou bien encore ce growl évidemment caverneux, et habilement alterné de passages plus gueulard.
Aidé aussi par une production obscure, mais équilibrée, et suffisamment puissante pour une demo, même si je n'aurais peut-être pas été contre une basse moins timide dans le mix.
Le travail de composition est clairement chiadé un minimum. S'agit pas d’accoler au hasard quelques riffs plus ou moins bien sentis les uns derrière les autres, en serrant les fesses pour que ça ressemble à quelque chose au final.
Ces petits jeunes qui n'en veulent, basés à Seattle, démontrent qu'ils ont d'ors et déjà digéré leurs influences; et cette demo devrait susciter l'intérêt des connoisseurs éclairés. Bleeeuuuuaaarrggghhhhh !!!
dimanche 26 septembre 2021
NOAIDI - Runebomme
J'aurais voulu parler de ce EP plus tôt. Allez savoir pourquoi je n'y pensais plus. Possible que l'incessant ressac des sorties quotidiennes finit par noyer même les plus intéressantes dans la masse.
Bref.
Un genre de bm qui, s'il ne renversera pas la table, ne pourra pas décemment être qualifié d'énième coquille vide.
Car il est bel et bien habité le bestiau.
Les riffs renvoient assez largement vers la scène scandinave des 90s, Burzum et Darkthrone en tête, si l'on fait abstraction des intro et outro, beaucoup plus orientées tribal/ambient.
Mais j'y entends un peu plus qu'un simple hommage stérile.
On constate surtout un goût commun et prononcé pour une certaine sobriété, austérité. Un chant décharné convaincant.
La désolation, en somme.
Renforcée sur Endless Abysmal Hatred par une guitare qui sonne très post-punk.
Le seul truc qui me défrise quelque peu, c'est l'impression assez nette qu'on a ici une bàr, et pas un vraie batterie cognée par un vrai batteur. Certes plutôt bien gérée, et les sonorités sont pas trop dégueux... mais tout de même.
Enfin, c'est bath la mondialisation. On a là un gus Australien qui vient nous causer shamanisme Lappon. What else ?






