Voici du punk psyché dru, déchainé.
Cet album m'évoque un pauvre hère, aviné et vindicatif, véritable marteau-pilon lors de ses phases les plus aigües de Delirium Tremens... et occasionnellement porteur d’une certaine fraicheur, et même légèreté (Slunce). Étrangement.
C'est bien d'ailleurs ce genre de paradoxe qui fait que je m'attarde sur le cas de Vole et pas sur celui d'un milliard d'autres épaves au mal-être dénué de toute nuance, abrutissant.
Le lascar en question, lui, s'est tellement fendu la gueule qu'on entrevoit passer la lumière, furtivement. Les réminiscences éparses de Dead Kennedys (Heavy Metal je mi 13), ou même de Sonic Youth (Tvůj rozsudek je smrt (smrdíš)).
8.6 tiède et chicots qui tombent, demandez le programme !
vendredi 3 juin 2022
VOLE - Dej Bůh Pěstí
mardi 31 mai 2022
BLOOD URN - ...of Gory Sorcery and Death
Deux demos (celle-ci, parue en 2014, étant la deuxième) et puis... plus rien ?
Au rythme où les sorties s'amoncellent tous les jours, couches après couches de sédiments, aller vous dégotter un truc qui date autant, je frôle certainement l'archéologie, voire la paléontologie.
Si je le fais, faut bien s'imaginer que c'est pas gratuit. Cette généreuse demo mérite franchement que l'amateur de dm faussement rétrograde y pose une oreille, s'il ne l'avait jamais fait.
Incantatoire, morbide, tordu, embryons de mélodies au milieu de la fange, apparitions d'un clavier fantomatique, et une bestialité sous-jacente de tous les instants. La proposition de cet Autrichien seul aux commandes, si elle ne peut se targuer d'être parfaitement originale, démontre toutefois suffisamment de personnalité et d'habileté pour susciter mon intérêt.
Maintenant, si l'animal veut bien sortir de son hibernation... oh et si un label avait la bonne idée de rééditer ce qui existe déjà. À bon entendeur.
jeudi 26 mai 2022
KVIĐRISTA - Demo MMXXII
Habituellement, le metal islandais et moi, c'est pas le grand amour.
Les trucs tarabiscotés pour dire qu'on fait du tarabiscoté, moi ça me scie les nerfs. Question de sensibilité, comme d'hab'. Bref.
Tout ça pour dire qu'avec leur petite demo qui semble presque être passée inaperçue, humblement ornée de ce simple logo blanc sur fond noir, ces Islandais là, sont presque parvenus à me faire oublier tout le mal que je pense de cette scène.
Bien plus abordable que la musique de leurs congénères, le black/death proposé ici possède toutefois quelques arguments autres que le simple tartinage bête et méchant. On trouve en effet un côté mélodique, du genre death/doom assez prononcé, qui ne sombre pas dans le mièvre, mais donne plutôt dans le langoureux, sinueux... avant de vous sauter sur le râble, de prendre possession de votre carcasse, et de provoquer un déhanchement lascif et symptomatique d'un groove irrésistible (Stál í hold).
Eh ! Z'êtes sûr que ce sont des Islandais ?
vendredi 20 mai 2022
CAVERNUS - Ápeiron
Le death cryptique, obscur. Et pas qu'un peu. Ce duo Mexicain n'a pas volé le patronyme qu'il s'est choisi.
Un son très naturel qui en rebutera probablement plus d'un, moi c'est tout le contraire, j'exulte.
Quoi de mieux pour ces riffs qui oscillent entre le modèle décérébré neurasthénique et le génie illuminé. Tout l'un, tout l'autre.
Et alors ces moments d'emballement soudain ! Dansant, complètement imprévus, qui repartent comme ils étaient arrivés, comme sur Black Magic Hell. Hein !? Et s'il y avait que sur celle-ci ! Parce que dans le genre sérieusement dérangé, La Noche Del Vampirio et ses incantations bancales et autres hululements sur riff heavy vintage, ça se pose là. Et je pourrais continuer de faire l'article en ce qui concerne Abraxas Kommando... Non, sérieusement, ce sont des malades.
Le frissonnant partout. Dans les tremolos, et même dans leur interlude acoustique au faux air innocent.
Étrange, inquiétant, retors. Et en plus la pochette déchire. Que demander de plus ?
lundi 16 mai 2022
TORMENTOUS - Demo 2022 AD
Du death/grind thrashisant. Cru et foncièrement cradingue. Évidemment que j'en suis !
Sérieusement, cette demo dégage drôlement le paysage environnant. Ça bave, déborde, et en fout partout, et c'est ça qui est bon ! Avec ces lignes de guitares flinguées, entre thrash rétrograde et descentes noise infernales.
Hagard, encore grisé par ce déchainement de sauvagerie primitive, appuyer sur play, encore et encore, en boucle.
V'là l'attentat !
mercredi 11 mai 2022
KOBOL - Void
Je l'ai déjà dit que je me sentais à nouveau beaucoup d'appétence pour tout ce qui gravite autour du grind ? Je sais plus, et on s'en carre. Mais si les sorties de cette première moitié de 2022 me donnent pleine satisfaction de ce côté, cela n'interdit en aucun cas de revenir un tout petit peu dans le temps, surtout quand c'est pour débusquer des tueries dans le genre de Kobol, mêlant à leur sauce grind, powerviolence et hardcore.
Pas besoin de remonter très loin d'ailleurs, puisque Void est sorti le 1er janvier 2020.
Avec un gueulard et des chœurs très typés hardcore, ne laissant aucun doute sur l'envie d'en découdre de ces Norvégiens, posés sur des compos énergiques balançant entre bovinitude assumée et élans aériens (si, si, j'ose), tout en vélocité.
Et si en plus on trouve une belle basse granuleuse qui joue souvent le premier rôle, renforçant le côté bagarreur, je savoure et en redemande.
mardi 3 mai 2022
DITESCO MORI - DIT.SCO M.R.
Un sacré bout de temps qu'elle traine dans les couloirs de l'Intervalle, cette demo d'un black metal rétrograde, et pourtant foncièrement illuminé.
Il rebutera celles et ceux qui ne font qu'effleurer la surface des choses. Non, il n'est pas amical, l'animal. Clair qu'il sélectionne.
Et pour celles et ceux qui seront bénis (ou maudits, selon le point de référence), qui perceront les brumes opaques et les faux-semblants: le spectacle d'une cérémonie des opposés offert par ces guitares schizophrènes, entre simplicité presque enfantine et tarabiscotages inquiétants, psalmodies et incantations cryptiques.
Médusant, délicieusement terrifiant.






