Proposé par un duo de musiciens Grecs, dont c'est à priori la première expérience, ce death metal, simple, sans être outrageusement rudimentaire, ne paye pas de mine.
Pas de prodiges techniques, pas de vitesse supersonique, ou au contraire de passages dooooooom. Pas de mur de son débile, ou autre coup d’esbroufe en simili non plus. Non.
Mais des compos qui se révèlent au fur et à mesure des écoutes successives, solides, et surtout pas linéaires, malgré la sobriété apparente.
Rugueuses, gavées de ces ambiances qui puent le soufre, notamment via des leads plutôt chouettes et quelques dissonances non envahissantes.
Et des riffs durs, noirs, comme l'obsidienne. Et un jeu de batterie efficace. Et un growl d'écorché. Vous voulez quoi de mieux ?
Alors nope, ce n'est probablement pas pour autant la demo de l'année... néanmoins, elle possède suffisamment d'éléments d'intérêt pour me faire guetter avec curiosité les futures réalisations de Setrakian.
mercredi 22 septembre 2021
SETRAKIAN - Mausoleum Silence
samedi 18 septembre 2021
WÆRLOGA - Wærloga
Encore du bm ? Oui.
Un petite demo deux titres, d'à peine douze minutes, mais qui m'a tout de même fait forte impression.
Ne demandez pas de détails sur qui est derrière la chose. D'une, vous savez que ce n'est pas ce qui me passionne, et de plus, le ou les gus en question ont choisi de volontairement rester dans l'anonymat. Tout juste sait-on que le projet est basé aux US.
Wærloga is for the glory of the Fallen Son qu'y disent. Comme ça on est raccord.
Ces compositions proposent une vision glaciale et pourtant infernale, fortement influencée par quelques grands noms de la deuxième vague de black metal, avec des claviers qui ne sont pas en second plan, mais au contraire, jouent un rôle prépondérant.
Ce sont vraiment ces nappes, terriblement 90s, qui confèrent à cette première œuvre sa superbe et une grande partie de son intérêt. Difficile de ne pas penser à Gehenna, ou Emperor.
Oh les riffs, très mélodiques, ne sont pas en reste.
Ils sont même fichtrement bien sentis, enlevés... dégageant un mépris ostensible pour l'Humanité.
Ajoutez à cela un chant qui reste, non pas discret, mais dénué de toute théâtralité superflue... réellement habité et sincère, en particulier sur le final de Enemy.
Le tout, bien ficelé, dénotant un sens de la composition certain et mature.
À surveiller de près, dans l'attente d'une suite plus consistante.
mercredi 15 septembre 2021
SPIRAL STAIRCASE - Cellar Dream
Spiral Staircase est un autre groupe-homme-seul, un autre projet de raw bm, un autre EP de haine blafarde, de l'Homme, pour l'Homme.
Trente six albums, trente sept misères, penseront certains.
En effet, on ne les compte plus, ces myriades de formations qui, depuis quelques années, se sont engouffrées dans le genre.
Et si, pour beaucoup trop d'entre elles, le résultat ne va pas au delà de bruit blanc et machine à laver en fin de vie sur cycle essorage, certaines parviennent occasionnellement à éviter cet écueil.
La frontière peut-être ténue, et évidemment sujette aux fluctuations des sempiternels goûts et couleurs de tout un chacun.
Ici, il y a, pour votre humble serviteur, de quoi relever le nez, et surtout l'oreille. Voire même les deux.
Une haine, donc... mais pas que. Un Souffle, épique, et qui mérite donc sa majuscule. Une volonté qui semble inaltérable, régie par des riffs mélodiques, néo-romantiques au possible.
Le dégueulis de nos humeurs, sublimé.
mercredi 8 septembre 2021
UPAMSU - Upamsu
La scène indonésienne en matière de raw bm commence à se faire une sérieuse réputation.
Nansarunai, Old Ornament, Lux Noctis, Obscure Skuadron, pour n'en citer que quelques uns, et maintenant Upamsu.
Les trois titres de ce EP ne s'éloignent pas franchement des canons du genre... mais il y a ici une ferveur, un souffle désespéré, mais rageur, que transmettent, et la musique, et ce chant clair, emphatique, de possédé.
Riffs poignants autant que furieux, très légers relents new-wave par ci, et occasionnellement petit parfum oriental lointain par là... une ambiance, funeste et désabusée, à laquelle il vous sera difficile de vous soustraire si, comme moi, vous n'êtes pas encore lassés de cette scène globale du raw bm, qui semble capable du meilleur comme du pire.
Ici, pas de doute en ce qui me concerne: on a le meilleur.
En espérant en entendre plus prochainement.
samedi 4 septembre 2021
BURIAL CURSE - Burial Curse
Oui, le créneau du death putrido-crypto-doom donne l'impression d'être un tantinet saturé.
Pourtant, si c'est votre came, et si vous n'avez pas encore succombé par indigestion du genre, je ne saurais trop vous conseiller de vous jeter corps et âme sur cet EP, orné d'une pochette qui m'a immédiatement interpellé, classique, mais tout de même quelque peu étrange.
Les deux gaillards responsables de cette offrande occulte ne sont pas des jouvenceaux de la scène. Il n'y a qu'à jeter un œil à la liste longue comme le bras de formations dans lesquelles le sieur Jared Moran (batterie et chant ici) a œuvré.
99,9% de ces formations me sont parfaitement inconnues (et je dois pas être le seul à faire ce constat), mais tout de même.
Ici, j'ai été immédiatement absorbé par la qualité des compositions.
Ce jeu varié et assez fin -si, si, j'insiste- du batteur parfaitement délectable, ces riffs chaotiques et obscurs, sulfureux au possible, ces leads de guitare hallucinés... la dégringolade ininterrompue dans les limbes infernales.
Certes, les loustics auront du mal à cacher leurs influences (Incantation, Swallowed, Ritual Necromancy...), mais qu'importe, le résultat est là: ces cinq morceaux creusent leurs sillons funestes à travers vos tympans, et jusqu'au cœur. Toute résistance est futile.
Et voila. Vous vous croyiez gavés de sombres dégueulasseries de la sorte. Et bien non: vous en redemanderez encore ! LA SUITE, VIIIIIITE ! GNNNIIIIIIIII !
lundi 30 août 2021
VENYMYSGOURVLEYDH - Subterranean Pyre
Venymysgourvleydh. Probablement issu d'un ancien dialecte "albionique", ce nom à coucher dehors doit faire très mal si on arrive par miracle à le placer au scrabble.
Entité menée par un homme seul, ayant déjà publié deux demos pour ce projet, et une flopée d'autres sorties pour les nombreux autres groupes plus ou moins confidentiels auxquels ce gus prend part.
Évidemment, c'est du black metal... parfois qualifié de raw, encore que, comparé à d'autres, on est loin de ces productions asthmatiques où l'on peine à discerner qui fait quoi.
Ce qui m'a marqué immédiatement, c'est une capacité à balancer des riffs et des séquences assez catchy sans pour autant sonner trop prostipute.
Et puis j'irai même jusqu'à dire qu'il y a une certaine originalité dans ce black metal, ultra prenant... avec ces morceaux relativement courts, et qui pourtant véhiculent un côté épique, une impression de majestuosité maladive, corrompue jusqu'à l'os.
Porté par des lignes de guitare mélodique, et un chant écorché mais relativement nuancé, un réel travail de composition et d'arrangement, cette troisième demo présente suffisamment de qualités pour qu'on se donne la peine de se pencher sérieusement sur Venymysgourvleydh.
C'est moi ou le UKBM ne s'est jamais aussi bien porté ?
lundi 23 août 2021
BLUTUMHANG - The Fires of Domination
Blutumhang est la création d'un duo norvégien, qui a sorti sa première œuvre au début de l'été.
Sans surprise, on parle ici de black metal, un rien raw sur les bords... mais surtout majestueux, et plutôt cryptique.
Si on leur reconnaitra un classicisme certain dans nombres de riffs qui auront du mal à cacher leur pédigrée scandinave, cette emphase typiquement nordique, cette impression de faire le pont entre Norvège et Finlande, il ne faudra pas s'arrêter là.
En effet, il y a plus que le simple hommage, plus qu'une recette méticuleusement respectée... Il y a la volonté de développer son identité propre.
Évoquant la terreur des abysses infernales, tout autant que le désir de se perdre dans les étoiles et l'infini de l'espace glacial, au-delà de Charon, entrainé par les psychopompes.
Une intensité nébuleuse, qui ne laisse que peu de répit à l'auditeur.
Un voyage, qui lorsqu'il prend fin, à toutes les chances pour vous laisser quelque peu hagard... et, en tous les cas, fort curieux d'entendre les futures réalisations de Blutumhang.






