Pour les insatiables du death metal sombre et hanté, voici une petite demo qui devrait vous plaire.
Originaire de Sherbrooke, Québec, ce groupe ne dévoile que peu d'informations à son sujet, et ce n'est pas plus mal, cela permet de se concentrer sur l'essentiel, à savoir ces trois titres.
Une fois de plus, ne vous attendez pas à de grandes innovations, il n'y en a aucune. Là n'est pas le propos.
En revanche, si vous goutez votre death à l'ancienne, très légèrement mâtiné de doom, de claviers fort fugaces mais qui apportent leur touche fantomatique, de riffs pas très fins, mais franchement efficaces, il y a fort à parier que vous pourriez succomber aux charmes désuets de The Chasmic Death.
La production, suffisamment puissante, et rugueuse juste ce qu'il faut, est idéale pour ce genre de méfait.
On pourra regretter que niveau quantité, il y ait à peine de quoi se boucher une dent creuse (moins de douze minutes, montre en main). Juste de quoi appâter le chaland.
Mais comme il parait que qui trop embrasse, mal étreint... alors tout va bien.
vendredi 20 août 2021
VOID COLUMN - The Chasmic Death
lundi 16 août 2021
ALTAR OF EDEN - Chimeras
Amis consommateurs de death rentre-dedans, de black haineux... et bien désolé, mais celui-ci ne sera pas pour vous.
Encore que... tentez l'aventure. Vous pourriez vous découvrir de nouveaux horizons... aussi sinistres, si ce n'est plus !
Atar of Eden, c'est un projet apparemment originaire du Texas, et qui joue un punk/post-punk... dark punk... new wave... cold wave... 'fin bon vous situez à peu près le truc.
Éminemment respectueux de ses illustres ainés qui ont engendré le genre à la fin des 70s/ début 80s, les individus qui œuvrent derrière font ici preuve d'un certain sens de la composition, simple, mais pas simpliste.
Peut-être encore un peu trop scolaire, mais tout de même grandement appréciable.
De cette bàr passée au phaser qui ouvre le premier morceau jusqu'à ces chants religieux qui clôturent, il se dégage un sentiment d'abandon, de résignation pleine d'amertume, et par la même, curieusement, l'apaisement vous envahi.
On en danserait presque. Moi, en tout cas, j'ai envie de danser, en écoutant la dévergondée Genesis, genre de croisement entre un riffing à la Dead Kennedys, et un emballage glacial et mortifère, façon Joy Division.
Plus globalement, il ne sera pas interdit de penser à Christian Death également.
La basse ici joue un rôle essentiel... déshabillée... des allures d'anorexique même... mais pourtant si belle ! C'est à elle que l'on doit ces lignes mélodiques totalement désabusées !
Et puis il y a le chant, lui aussi dans les canons du genre, plaintes et psalmodies funèbres à gogo.
En ces temps, de bon ton.
lundi 9 août 2021
PROFANE DESECRATION - Abysmal Stillness
Il y a des albums que l'on sent bien dès la pochette, et celui-ci en fait évidemment partie.
Tout ce qu'on peut espérer après un rapide coup d’œil sur ce tourbillon de restes plus ou moins humains et décharnés, on va le trouver parfaitement orchestré par trois énergumènes du Massachussets, dont il semble que ce soit leur première œuvre, si l'on ne compte pas ce live rehearsal sorti l'année dernière, et composé des mêmes titres que l'album ici présent.
Je ne vais pas ergoter des heures dessus: les amateurs de black/death torturé doivent se jeter sur cet album si ce n'est pas déjà fait.
Blindé de riffs difformes et acides, crados, ceux-ci prennent bien souvent des allures plus alambiqués et techniques que ce qu'on pourrait imaginer de prime abord face à ce déluge de terreur primitive. Certains sont même porteurs d'embryons -avortés, of course- de mélodies.
Hystérique et maîtrisé à la fois... j'ai parfois pensé à un genre de métissage entre Morbid Angel, Immolation, et du black chaotique et hérissé de barbelés à la Katharsis... mais au diable le name dropping, chacun y trouvera les références qui sont les siennes.
Côté production, celle-ci se veut naturelle, rêche, bref, le parfait écrin pour une abomination de la sorte. Non mais écoutez moi cette basse gronder et racler dans les bas-fonds, ces guitares corrosives, cette batterie dont les assauts de caisse claire, légèrement en avant dans le mix, sont purement jouissifs !
Sauvage, haineux et sans compromis.
Mais qu'est-ce que vous faites encore là ?
jeudi 5 août 2021
HINTHIAL - :𐌀𐌍𐌔𐌀𐌓:
Hinthial est un projet italien basé en Toscane dont on ne sait pas beaucoup plus, et on s'en accommodera fort bien.
Cette demo composée de deux titres est de toute beauté.
Du heavy aux relents black, ou est-ce l'inverse ? Qu’importe !
Ce qui compte, c'est bien que le talent soit là.
Évacuons aussi de suite ce qui en fera peut-être tiquer certains: oui, le riff d'ouverture, avec ces sonorités un tantinet orientales, les italiens l'ont un peu chipé à Marduk et son morceau Dreams of Blood and Iron... hommage, contrefaçon, ou pur hasard, chacun se fera son opinion.
Pour le reste, si de nombreux riffs sonneront forcément vieille école, il faudrait faire preuve d'une sacrée mauvaise foi pour crier au plagiat intégral.
Et si vous n'avez pas envie de lever aux cieux votre poing rageur passé la moitié de Raśna Sval, quand un autre de ces excellents riffs heavy déboule, c'est probablement que vous me lisez depuis l'au-delà.
La production est plutôt propre, élégante, mais en aucun cas aseptisée... elle sied à merveille à ces morceaux racés. On discerne aisément tous les instruments, y compris la basse.
Le chant également mérite qu'on s'y arrête: conviction dans les vociférations, ferveur dans des déclamations en chant clair... on comprend que ces morceaux ont été finement travaillés avec toute l'attention aux détails nécessaire.
Comme d'habitude avec une demo, on reste un peu sur notre faim. Gageons que cette excellente entrée en matière appelle une suite plus consistante. Le plus tôt sera le mieux !
lundi 2 août 2021
BUBONIC WRATH - The Hemorrhaging in the Womb of a Gutter
Il y a des fois on ne pige pas.
Pourquoi ce projet, initié en solo, aujourd'hui trio, ne semble pas trouver grâce aux yeux -et surtout aux oreilles- de la masse ?
Bon sang, cet EP, sorti en novembre 2018, mérite amplement qu'on s'y intéresse ! Surtout si vous êtes client de black/death/thrash dans son jus necro-punk, caustique et primitif,
Gavé ras la gueule de riffs bonnards, certes pas franchement novateurs, mais très loin d'être inoffensifs, pour certains un tantinet dissonants -sans excès ostentatoires-.
Des riffs qu'on retrouve dés-organisés au sein de compos aux structures pas dégueux, et agrémentés de soli chaotiques comme pas deux.
Il y a une énergie cathartique qui déborde de partout, un vociférateur qui n'est pas en reste... alors non, je vois pas bien pourquoi on continuerait de bouder plus longtemps Bubonic Wrath.
En espérant que le groupe nous propose bientôt une suite.
mardi 27 juillet 2021
AULD RIDGE - Consanguineous Tales of Bloodshed and Treachery
Si je n'ai jamais été le plus gros consommateur de black à tendance sympho et/ou atmosphérique et/ou pagan, quand une tuerie comme celle-ci vous tombe sous le nez, on n'y réfléchit pas pendant cent sept ans.
Il s'agit là du deuxième album de ce groupe-homme-seul d'origine britannique, mais qui s'est expatrié quelque part au fond de notre Bourgogne.
Assez rarement, on tombe sur ce genre de petit bijou d'équilibre entre différent éléments et sentiments, et les mediums divers pour les véhiculer.
Furieux, haineux, énigmatique, introspectif, ancestral... tous ces adjectifs peuvent sans doute qualifier la musique proposée ici par Auld Ridge... mais surtout... il y a une beauté, élémentaire et triste, qui semble habiter chacune de ces compositions.
On pourra noter aussi ce chant plein de ferveur, ces chœurs magnifiques sur Pant-Mawr, Boniarth, leurs apparitions fantomatiques sur l'interlude Bourgogne.
Admirons également la qualité de ces morceaux aux structures finement travaillées, où tout semble couler de source. Le final de Massacre in 437... cette montée en puissance parfaitement maitrisée.
Et cet ultime Troneck !! Oui, vous pouvez vous incliner.
Il était grand temps de faire cette rencontre.
samedi 24 juillet 2021
HEDONIST - Sepulchral Lacerations
Ohlala !
Demo de gros death rentre-dedans et mélodique qui arrive de nul part ! Je ne pouvais pas décemment garder ça sous le coude plus longtemps.
Alors arrive de nul part, pas tout à fait, puisque les trois bougres derrière ce projet sont canadiens. Si cette scène a toujours été prolifique pour le metal en général, il semble que la source n'est pas prête à se tarir, bien au contraire.
Au menu, rien d'inédit, autant être prévenu de suite. Classic shit comme y disent, les autres, là-bas. Mais en revanche, une solide envie de tout envoyer valdinguer sur son passage risque de vous prendre à l'écoute de ce death massif qui combine à merveille le côté mélodique traditionnel du swedeath, avec ces chouettes leads de guitare légèrement cramées, et un groove de porcasse, à faire twerker une horde de mort-vivant.
Qu'on soit bien clair: le dernier deathster à poser l'oreille sur cette tuerie méritera qu'on lui fasse écouter de force le dernier album de SFU en boucle jusqu'à ce que mort s'en suive.
Je déconne pas.






