mercredi 17 février 2021

RE-BURIED - Demo

 


Oui: "encore un nouveau groupe de death metal à l'ancienne !"... 'faut bien le reconnaitre, c'est pas une denrée rare ces dernières années. Mais que je plains ceux qui ne goûtent pas la colossale finesse du genre.
Pour les individus que la chose intéressent, il serait dommage de passer à côté de la demo de ce groupe originaire de Seattle.
Rythmiquement, si vous attendez du blast, vous qui pénétrez céans: abandonnez toute espérance. C'est pas leur créneau. Hormis quelques beats punk bien placés, Re-Buried est plus porté sur du mid et down tempo, tendance rouleau compresseur #BoltThrowerIsTheLaw, ce qui lui permet de développer un des points forts ici: les atmosphères.
Car c'est bien elles qui me font y revenir. Elles ne sont pas dues à l'utilisation
opportuniste de samples, mais bien aux riffs et à la façon dont ils sont agencés au sein des morceaux. Du caverneux au sulfureux, le groupe nous malmène, avec un plaisir, simple, mais définitivement vicieux.
Et puis il y a cette prod !!  cette réverbe poussiéreuse à souhait... dès les premières secondes de Fleshbag Martyr, ce riff, ce son... l'adhésion est immédiate !

lundi 15 février 2021

SCOWL - Reality After Reality

 


Si l'artwork semble un peu trop gentillet, si le punk/hardcore de ce groupe originaire de Santa Cruz, Californie, peut paraitre assez classique, en rester à cet examen superficiel serait malheureux.
D'abord parce que les compos sont bien gaulées, incisives, assez west-coast évidemment, avec une touche sombre en filigrane dans le riffing qui me rappelle celui de Rikk Agnew, auquel s'ajoute un côté stomping pas désagréable.
Mais surtout, la grosse plus-value, elle est là, à droite sur cette photo du groupe intégrée à la cover: cette petite nana à l'air timide, qui ne paye pas de mine au premier coup d’œil, se révèle être une chanteuse assez phénoménale dans l’agressivité. C'est simple: j'ai systématiquement l'impression d'entendre un croisement entre John Brannon et Darby Crash, et pas grand chose de la fragilité soit disant féminine.
M'est avis qu'un paquet de frontmen de la scène qui se la jouent "sévèrement burné" vont pouvoir aller se rhabiller fissa.


vendredi 12 février 2021

θoʊθ - Ruins of Gubla

 


D'entrée, je vais pas être bon vendeur, mais autant le dire de suite: ce truc ne parlera pas à tout le monde, sûr.
La production, entre autre, va en laisser plus d'un sur le carreau.
Et pour tout dire, j'ai bien cru, les premières minutes passées, qu'il n'y avait pas de guitares ici, tellement le spectre sonore se situe pour la plus grosse part sous les 300Hz.
Originaire du Liban, θoʊθ est un groupe plutôt raw donc, particulièrement radical, œuvrant, allez ne soyons pas chiche, dans un genre de desert-death-doom-grind-noise-rock, et plus si affinités.
Au delà des étiquettes, et du fait que je ne pense pas avoir déjà rencontré cet exact mélange dans la palette de mes écoutes (quand bien même des noms viennent à l'esprit, comme ceux de Teitanblood, Nibiru, Electric Wizard...), ce qui me semble primordial, c'est qu'il se dégage de ces 4 titres une ambiance assez phénoménale, tour à tour frénétique, suffocante, ritualiste.   
Un sabbat chaotique, où les forces telluriques manifestent on ne peut plus bruyamment leur présence.

mercredi 10 février 2021

BONETAR - Demo

 


S'il y en a encore qui pensent actuellement que le death UK est mort, voici une preuve supplémentaire de l'ineptie d'une telle idée.
Le macchabée bouge encore, et il me semble même fort bien ragaillardi, à en juger par le nombre de jeunes formations apparues ces dernières années, prêtes à en découdre, à l'instar de Bonetar.    
Le son naturel, gras -supplément goudron évidemment-; un batteur qui blast comme un forcené; un growl ultra caverneux, un peu mixé dans les chaussettes, mais qui va bien dans la tonalité générale, c'est à dire trente-six pieds sous terre.
Des riffs un rien débilitants, associés à une sauvagerie de tous les instants, et suffisamment de changements rythmiques pour conserver un minimum de dynamique.
Alors non, une fois de plus, on ne sortira pas plus intelligent après avoir écouté cette demo. Mais c'est franchement pas ce qu'on demande à ce genre de groupe, m'est avis.


lundi 8 février 2021

FALLEN FOREST - Demo I-II

 


Cette compilation offerte par le duo finlandais derrière Fallen Forest est un pur joyau noir.
Œuvre habitée, s'il en est.
Tout ici est superbe, de ce black metal influencé par la scène norvégienne du tout début 90 (coucou Burzum, Satyricon, Ulver, Mortiis, etc...), à ces interludes médiévaux, passages dungeon synth, agrémentés parfois de samples éminemment immersifs.
La production, relativement raw, permet toutefois de discerner sans trop de difficulté l'ensemble des instruments, tout en ajoutant au côté froid et poussiéreux que dégage naturellement ces compos. Rhaa cette disto hypnotique sur la guitare, cette tempête de neige qui déferle dans les esgourdes, atteignant le cœur, ne laissant que peu de doute sur notre finalité.
Inspiré, et désespéré.

vendredi 5 février 2021

STIKKERSVIN - Kælderens Barn


 

ATTENTION: TUERIE !!!!

Oui, j'y vais franco dans le préambule racoleur. Un de mes premiers coup de cœur instantané de 2021.
Stikkersvin (composé de membres de Quitters, excellent combo sludge/punk) pratique un black/punk particulièrement frappadingue.
Entre, le chant qui navigue de déclamations pleines d'emphase toute nordique, à des vociférations plus traditionnelles, mais toutes autant hallucinées; les riffs qui s'amusent à brouiller les cartes: enchainements à 3 accords bien rétrogrades et parties épiques jubilatoires, arpèges déchirant -et déchirés-; une basse qui régale discret, le chaos insidieux... Et bien entre tout ça, 'pas certain d'avoir entendu un truc à ce point possédé, grandiloquent autant que décadent, élémentairement fou, depuis... pfff... un certain Maranatha ?
Oui, je m'enflamme peut-être... Et puis ici on est sur une demo. Pourtant il y a de ça... un genre de rejeton illégitime de Reveal! et Funeral Mist, en somme.   
Sceptiques ? Attendez d'avoir écouté Kælderens Barn/Jeg Tilgiver Dig Aldrig (littéralement: les enfants du sous-sol/je ne te pardonne jamais), la pire de ces dingueries. Entendez la meilleure. Hurlements de possédé lycanthrope. Structures à tiroir façon "Toi aussi, vit dans la peau d'un aliéné".
Finalement, une seule question se pose: est ce que les autorités danoises sont au courant du nombre de dangereux psychopathes en liberté qui sévissent dans leur contrée ?

mardi 2 février 2021

CULT GRAVES - Strange Customs



Souvent véloce, primitif et sans fioritures, mais salement efficace et inspiré pour du death metal d'australopithèque.
Un gros son naturel, une basse qui racle et fait trembler les murs.
Une belle granulométrie.
Un growl des plus caverneux mais parfaitement distinct.
Des riffs qui tantôt évoquent le chaos et la confusion, tantôt balancent un groove à faire swinguer des brontosaures kétaminés.
De rares accalmies qui ne sont là que pour augmenter le malaise, par des ambiances sulfureuses.
...
Non vraiment, est-ce nécessaire que je poursuive ?