mercredi 25 janvier 2023

SILURIAN - End of Ordovicia



Tu l'auras peut-être remarqué, je ne parle pas souvent de bidule tapant dans le "tech". La plupart des formations se réclamant de cette étiquette me pompant l'air, ou au mieux me laissant indifférent, forcément, pas de surprise.
Mais des exceptions, oui!  Et tu te doutes bien que Silurian en fait partie.
Ébouriffant, leur black/death à ces zozos là, qui, entre nous, n'en sont pas à leur première armes -je te laisse faire tes recherches. Un rien épico-mélancolico-frappa-dingue, notamment ces leads sur le fil, façon funambule, mieux vaut ne pas être sujet au vertige. 'Gaffe aussi aux riffs truffés de dissonances et tremolos, ça pique, et ça découpe sec. Et puis ces lignes de basse ondulant à l'avenant, l'instrument aurait sûrement mérité plus d'espace d'ailleurs.
Paye aussi tes changements de rythmes en veux-tu en voilà, toujours à propos. La classe.
La notion de perfection trouve rapidement ses limites en ce qui concerne l'Art, mais s'il fallait tout de même avoir ce genre de considérations, beh... on n'en est pas loin ici. Vivement la suite.

jeudi 19 janvier 2023

HIDDEN DAGGER - Zilver in de ogen

 


Si tu commences à en avoir marre que je te cause que de bm, tu peux d'ores et déjà tourner les talons, parce que c'est encore au menu, et même que je te ressors une vieillerie, ça te fera les pattes.
C'est que j'y tiens à celle-ci. Pas pour toutes les oreilles cela dit, t'es prévenu. Plus noir que noir, et inamical au possible. J'aimerais dire que ce n'est pas utile de le préciser, mais vu ce qui sort parfois sous l'étiquette bm, pot-pourris de bons sentiments, et autres produits markétés de la tête au pied, on peut douter.
Dés les premières secondes de ce riff lugubre, morose, dès les premières vociférations et plaintes de damné, plongé dans ce nuage de poussières de charbon, là il n'y a pas de doute possible: 'sont pas là pour rigoler les Bataves.
Malgré un parti pris radical, teinté noise, l'ensemble ne se révèle pas rébarbatif, l'attention de l'auditeur (i.e. la victime) est maintenu par une dynamique rythmique, ainsi que des niveaux d'intensité, et, en outre, un certain talent pour te perdre loin, très loin (cette dernière piste !). Flippant.

jeudi 12 janvier 2023

KÕUKUDE TANTS - Lyndanise Ood



Il ne faut pas attendre bien longtemps avant de s'apercevoir que, oui, il se passe quelque chose ici. Dès l'entame, le gueulard, allumé et bien entamé, captive l'auditeur. Et dès la fin de Aadelkonna Etüüd, Kõukude Tants avait gagné toute mon attention.
Une richesse indéniable des arrangements, une fougue, une folie même, mêlée de mélancolie, le travail sur les leads de guitare, poignants, tragiques (rhaa le morceau-titre !  mais aussi sur Kõnts)
Ça pioche à droite et à gauche, notamment chez la récente scène Polonaise, et chez la Danoise.
Mon petit bémol, et peut-être le pourquoi-du-comment-que-j'en-ai-pas-parlé-avant-?, c'est qu'arrivé au cœur de ce EP, les Estoniens se laissent totalement submerger par cette mélancolie typiquement slave, déjà évoquée plus haut. Et là, ce "coup de mou" passe ou pas selon ton humeur. Dans mon cas, bien souvent je décroche.
Néanmoins, il y a un sursaut avant la fin. Rien du niveau, malheureusement, des deux excellentes premières pistes, mais quoi qu'il en soit, et rien que pour cette entrée, ce projet mérite qu'on le garde en tête.

vendredi 6 janvier 2023

RODODENDRONS - Stop the World



Besoin d'un petit coup de pied au fondement pour te remettre d'équerre ?  J'ai ce qu'il te faut.
Rien de tel que du punk rock remuant au possible. En sus, celui-ci baigne dans les nappes d'un clavier/orgue oscillant entre sonorités rétro et synth punk. On sait plus trop où on habite, est-ce la fin des 70's ou 2023 ?
Ajoute à ça les lignes solides d'une basse bien ronde et un gueulard bien en voix, et zou !  t'es reparti pour une révolution (de la Terre autour du Soleil). Bon peut-être pas, mais ça te tiendra debout au moins pour le week-end.

vendredi 30 décembre 2022

GULGUHK - Et flotteront les restes de ce monde lugubre​.​.​.



Je n'ai pas pour habitude de m'envoyer des fleurs, mais ne t'en déplaise, je suis tout de même content: je ne m'étais pas trop mis le doigt dans l’œil quand je croyais déceler la patte de Finian Patraic sur ce projet (cf mon blabla sur Vous pourrirez tous...). Et tu l'as deviné, si jamais tu l'ignorais jusque là, le stakhanoviste du metal noir Gaspesien frappe encore.
Mer truffée d'icebergs, côtes déchiquetées par le blizzard, frêle esquif défiant les éléments, et puis la brume tombe. Perdu, désorienté, à bout. Mais qu'allait-on faire dans cette galère ?
L'animal a toujours ce même sens du riff vague à l'âme, la fragilité, et la force mise à l'épreuve, de véritables fresques fantômes épiques, ad-hoc... Plonge dedans, disparais corps et biens, et advienne que pourra.

vendredi 23 décembre 2022

GEATKIHAUKR - Demo 2022



Trop chiant son nom de groupe-homme-seul. À dire et même à écrire. Rhoo comme c'est trop bm d'entrée !
Et puis paye ta prod toute rachitique, qui rembarre direct le tout-venant. Trop bm que je t'ai dit.
C'est que le lascar là, l'est Finlandais. Y a des standards, tu vois. Et il ne voudrait pas faire tâche. Il joue un bm simple, efficace, rudimentaire mais savamment construit, riff après riff, dans une certaine idée de la tradition. S'aidant occasionnellement d'un petit passage dungeon synth bien placé, d'un vieux riffing heavy qui tombe dru, ou à l'inverse de sonorités flottantes quasi post-punk, de leads mélancoliques qui percent de part en part, le tout offert dans son écrin D.I.Y., sincère.
J'y ai même trouvé un je-ne-sais-quoi du Dødheimsgard période Monumental Possession, en particulier ces tremolos infernaux que l'on trouve sur le final.
Beaucoup plus riche et mieux gaulé que ce qu'il y parait au premier abord, et cela même si on peut déplorer, peut-être, quelques longueurs ici, là. Certes, ce n'est pas la demo du siècle, ni même celle de l'année, mais j'y trouve mon compte, ainsi que dans la précédente sortie en août 2021.

jeudi 15 décembre 2022

CORRODE - Demo 2021



Corrode, c'est du thrash/black retors, absolument pas basé sur la vitesse, même si ces Teutons savent accélérer si besoin. Le groupe apprécie majoritairement les mid-tempos, et use de dissonances mesurées -comprendre que cela n'est pas indigeste, pour moi en tout cas- qui me font penser de loin à Voïvod.
Un sens affirmé de la menace, le truc qui rôde autour, ne te lâche pas du regard, cherchant l'ouverture, l'instant de faiblesse, et toi, mijotant dans ton jus d'angoisse et d'insécurité... en particulier sur Vultures, qui porte donc bien son nom.
Rempli de détails réjouissants, comme le batteur qui s'éclate à jouer sur les temps forts/faibles pour mieux te retourner, ou ses zests de rototoms, comme sur l'entrée de Angstridden ('tain, ces mecs visent juste).
Classique sous certains aspects, plutôt inattendus à d'autres égards, variant intelligemment les tempos, les riffs virulents, et en supplément: un chant mordant, rageur et maladif. 'Faudrait pas trop les perdre de vue ceux-là.